Université: Pécresse dénonce la « provocation » de Macron

La candidate LR à l’élection présidentielle Valérie Pécresse a expliqué lundi vouloir donner « un nouvel élan à l’autonomie universitaire » mais a dénoncé la « provocation » d’Emmanuel Macron de faire payer l’université.

A moins de trois mois de la présidentielle, Emmanuel Macron a souhaité jeudi une réforme « systémique » des universités, qu’il veut plus « professionnalisantes », tout en jugeant intenable un système d’études supérieures « sans aucun prix » pour les étudiants mais avec un taux d’échec massif.

« Parler de la hausse des frais d’inscription pour les familles qui sont aujourd’hui en vraie problématique de pouvoir d’achat, alors même qu’il y a un désengagement aussi fort de l’État pour l’université, pour moi c’est de la provocation », a critiqué sur Europe 1 l’ancienne ministre de l’Enseignement supérieur de Nicolas Sarkozy.

« Quand j’étais ministre des universités, il y avait la réforme et des moyens, mais depuis cinq ans, il n’y a ni réforme ni moyens », a accusé la présidente de la région Ile-de-France.

« C’est terrible d’entendre Macron candidat promettre tout le contraire de ce qu’a fait Macron président, c’était déjà le cas sur la sécurité à Nice », lui a-t-elle aussi reproché.

« Il va falloir redonner de l’élan à cette autonomie universitaire qui est la norme dans le monde et qui permet d’aller chercher effectivement des partenariats partout », a plaidé Mme Pécresse, en insistant sur la nécessité de « faire l’étape 2 parce que François Hollande, avec Emmanuel Macron, ont détricoté cette réforme ».

Elle a défendu le « modèle de demain » où grandes écoles et universités travaillent « ensemble », « pas un modèle où on oppose les uns aux autres, où on casse les grandes écoles pour donner aux universités ».

Jeudi lors de la clôture par visioconférence du Congrès de la Conférence des présidents d’universités, Emmanuel Macron avait estimé que la France ne pourrait « pas rester durablement dans un système où l’enseignement supérieur n’a aucun prix pour la quasi-totalité des étudiants, où un tiers des étudiants sont considérés comme boursiers et où pourtant nous avons tant de précarité étudiante, et une difficulté à financer un modèle beaucoup plus financé par l’argent public que partout dans le monde ».