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Tribune de Bernard Brochand « Crise au sommet de l’Etat : des larmes à la démission »

Les larmes de Gérard Collomb lors de l’investiture d’Emmanuel Macron semblent bien loin. Soutien de la première heure du Président de la République, le Ministre de l’Intérieur, poids lourd du Gouvernement, lui a forcé la main en lui imposant sa démission.

Celui qui fut pendant des mois le fidèle des fidèles vient de signer la plus rocambolesque des démissions de la Vème République.

Les fortes tensions couvaient depuis plusieurs mois. Pour preuve sa réserve sur la limitation de vitesse à 80 km/h, son attitude lors de l’affaire Benalla dont le Ministre de l’Intérieur refuse d’endosser la responsabilité, jusqu’à ses reproches publics à la radio sur « le manque d’humilité » de la Macronie.

Faute d’avoir été entendu, Gérard Collomb a mis au grand jour l’isolement du Chef de l’Etat. La démission surprise de Nicolas Hulot, autre figure symbolique du « nouveau monde », prouve que le Président de la République n’est plus le « maître des horloges ».

Le fossé se creuse de plus en plus entre l’Etat et les élus locaux. Le Président consulte beaucoup mais écoute peu et la démonstration de force des associations d’élus locaux à Marseille le 26 septembre dernier contre la « recentralisation rampante » du pouvoir en est la preuve éclatante.

Plus que cette démission, à un moment inopportun pour Emmanuel Macron, c’est certainement la façon de gouverner du Chef de l’Etat qui est mise en cause et qui signe la fin de l’état de grâce.