Retraites : pour une réforme juste et pérenne

Vous trouverez ci-dessous la note et les visuels qui ont été présentés notamment par Damien Abad et Aurélien Pradié, le mercredi 8 janvier à la presse au siège du Parti Les Républicains. Ce document précise les mesures de « justice » que nous versons au débat sur la réforme des retraites.

Maintenir le niveau de vie des retraités et revaloriser les petites retraites.

  • Garantir la revalorisation de toutes les pensions au niveau de l’inflation

En 2019, le gouvernement a sous-valorisé toutes les pensions de retraite. En 2020, seules les pensions inférieures à 2000 euros sont réindexées. Cela représente une perte de pouvoir d’achat massive pour les retraités.
Notre engagement : Maintenir l’indexation des pensions au niveau de l’inflation de manière pérenne.

  • Revaloriser les petites retraites

Les petites pensions de retraite n’ont pas été épargnées par le gouvernement. Rappelons que l’exécutif a augmenté la CSG pour les retraités, provoquant une forte baisse de leur pouvoir d’achat. En 2019, toutes les pensions de retraite ont été désindexées. Au total, selon l’Institut des politiques publiques, deux retraités sur trois ont perdu du pouvoir d’achat en deux ans.
Notre engagement : Indexer les petites retraites sur les salaires. Les 1000 premiers euros de retraite doivent être davantage revalorisés que le niveau des prix et être indexés sur la croissance du salaire moyen (les salaires augmentant quasiment deux fois plus vite que l’inflation). En moyenne, on peut considérer que le différentiel entre l’inflation et la croissance du salaire moyen est de + 1,25 % environ. Ainsi, le surcoût potentiel serait d’environ 2 milliards d’euros par an.

Protéger les pensions des femmes et des familles.

  • Sanctuariser les droits familiaux

Une étude de l’Institut de la protection sociale (IPS) du 26 novembre dernier démontre que le nouveau système fera de nombreuses perdantes parmi les mères de famille, et pas seulement lorsqu’elles ont trois enfants. « Avec le nouveau système, les mères perdent l’effet levier que leur apporte la majoration de durée d’assurance aux carrières pour lesquelles il manque 20 trimestres ou moins pour atteindre le taux plein », note l’IPS.

Notre engagement : Maintenir le double dispositif de majoration de trimestres et de majoration de la pension. Les salariés du public bénéficieront de huit trimestres par enfant alors qu’ils n’en ont que quatre aujourd’hui, en alignement sur le régime actuel du privé.

  • Garantir les pensions de réversion et alignement public-privé

La réforme des pensions de réversion fera de nombreux perdants (pour les nouveaux retraités à compter de 2025). 84 000 femmes âgées de 55 à 62 ans ne pourront plus bénéficier d’une pension de réversion.
Par ailleurs, il y aura des milliers de veuves dont la pension de réversion sera inférieure à celle qu’elles peuvent toucher dans le système actuel. Une retraitée veuve touchant 1000 euros de pension mensuelle et dont le mari défunt touchait le même montant perdrait 480 euros par an de pouvoir d’achat avec le nouveau système.

Notre engagement : Préserver les pensions de réversion. Les pensions de réversion du public seront alignées sur celles du privé : 54% de la retraite de base du conjoint défunt à partir de 55 ans.

Créer un régime universel de pénibilité.

Notre engagement : 5 années cotisées à un poste pénible permettront de partir 1 an plus tôt à la retraite. Ce système simplifié – inspiré de la bonification du cinquième pour les militaires – permettrait à plus d’un million de Français (soit plus d’un salarié sur vingt) de partir jusqu’à 4 ans avant l’âge légal. (Cf. exemples en annexe.)

Notre méthode :

1) Un dialogue social avec les organisations de salariés et patronales définira les modalités d’entrée dans le dispositif, en lien avec la médecine du travail.

2) Une réforme ambitieuse de la médecine du travail via une meilleure rémunération et un allègement des tâches.

3) Une évaluation de la pénibilité selon les 10 facteurs de pénibilité inscrits dans le Code du travail par la loi Woerth de 2010 : les manutentions manuelles de charges ; les postures pénibles définies comme position forcée des articulations ; les vibrations mécaniques ; les agents chimiques dangereux ; les activités exercées en milieu hyperbare ; les températures extrêmes ; le bruit ; le travail de nuit ; le travail en équipes successives alternantes ; le travail répétitif sous cadence contrainte.

4) En complément de la mesure de départ anticipé, des mesures de prévention et de formation pour les requalifications professionnelles.

Le coût : La Cour des comptes estime que les 250 000 départs anticipés pour carrières longues par an (soit un tiers des départs à la retraite) coûtent 6 milliards d’euros. En extrapolant ces chiffres, le nouveau dispositif de pénibilité coûterait de l’ordre d’un milliard d’euros par an et serait largement finançable par le report de l’âge légal à 64 ans (permettant d’économiser à terme 1,4 point de PIB, soit 30 milliards d’euros, selon le Conseil d’orientation des retraites).