Réouverture des centrales à charbon en France : une preuve de plus de l’inefficacité de la politique énergétique du gouvernement

Le gouvernement s’apprête à publier un décret, à la fin du mois, ouvrant la possibilité de faire appel aux centrales à charbon pour pallier les écarts entre la production et les besoins en électricité en France lors des pics de consommation. Le recours à cette énergie très polluante est aujourd’hui fortement limitée -environ 700 heures par an – mais pourrait être rehaussé à 1 000 heures.

En cause, la faible disponibilité du parc nucléaire français, dans un contexte tendu de forte consommation, auquel s’ajoute la pandémie de Covid-19 qui a bousculé le calendrier de maintenance des réacteurs nucléaires au printemps 2020. L’indisponibilité des quatre réacteurs les plus puissants du parc français (1 450 MW chacun) tombe au pire moment, en hiver et au milieu d’une crise énergétique européenne causée par l’envol du prix du gaz.

En parallèle, les éoliennes, qui peinent à fonctionner sans vent, ne parviennent pas à produire assez d’électricité pour subvenir aux besoins importants lors de ce pic hivernal. Résultat : la France doit rouvrir ses centrales à charbon alors que celles-ci émettent 68 fois plus de CO2 que les centrales nucléaires. Pour l’instant, l’interconnexion européenne des réseaux électriques nous permet de répondre aux besoins lors des pics de consommation, grâce à l’électricité que nous importons de nos partenaires européens mais ces importations ont un coût qui risque de peser sur la facture des ménages.

Cependant, de nouveaux aléas sur le parc de production ou des changements météorologiques non anticipés n’excluent pas des coupures ciblées de consommation (2h de coupures chez 200 000 foyers, puis chez 200 000 autres etc), dernier rempart avant un effondrement à grande échelle du réseau électrique.

Encore une nouvelle preuve, s’il n’y en avait pas déjà assez, de la politique inefficace du gouvernement en matière énergétique. Les deux réacteurs de Fessenheim, fermés en 2020 par Emmanuel Macron, auraient pu nous éviter ces tensions sur le réseau électrique. En adoptant le même projet que François Hollande, pour des raisons électorales, le gouvernement fait le choix de se priver d’une production d’électricité efficace, neutre en carbone, stockable, flexible et facilement transportable et distribuable, sans mentionner les possibilités d’exportation que le nucléaire nous offrait. En choisissant de subventionner à outrance des énergies intermittentes qui ne produisent de l’électricité que 25% du temps, le gouvernement a fragilisé notre système. En réduisant les capacités électriques pilotables de la France face à une demande d’électricité qui ne décline pas, le gouvernement a pris un gros risque. Chaque aléa devient dangereux et risque de saturer le système.

Parallèlement, les choix énergétiques douteux de nos voisins risquent d’aggraver la situation dans les prochaines années. Le Royaume-Uni (fermeture des réacteurs nucléaires à graphite d’ici 2030), la Belgique (sortie du nucléaire en 2025) et l’Allemagne (sortie du nucléaire en 2022) réduisent largement leurs capacités de production pilotables. Or, avec l’interconnexion des réseaux européens, les choix électriques des autres pays affecteront également la France. Il faut s’attendre à voir les alertes sur l’approvisionnement électrique se renouveler les prochains hivers et les pénuries augmenter.

Le nucléaire est une énergie décarbonée à moindre coût nous permettant de réduire nos émissions de gaz à effet de serre, d’assurer notre souveraineté énergétique et de réduire nos importations, donc notre dépendance à l’étranger. Comme le propose Valérie Pécresse, nous souhaitons relancer le nucléaire en investissant dans 6 nouveaux EPR, en développant des petits réacteurs (SMR) et en relançant le programme ASTRID.

Pour pallier la probable nouvelle hausse des prix de l’énergie, nous proposons de supprimer la double taxation de l’électricité (la TVA sur les taxes énergétiques) car une taxe taxant une taxe est absurde et injustifiée.