Réactions des Républicains concernant les annonces d’Emmanuel Macron face à la deuxième vague de Covid-19

Principales annonces d’Emmanuel Macron le 14 octobre :

  • Couvre-feu de 21h à 6h à partir de samedi, en Île-de-France et dans huit métropoles (Lille, Grenoble, Lyon, Aix-Marseille, Montpellier, Rouen, Toulouse et Saint-Etienne) pour au moins quatre semaines. Au moyen d’une attestation, des dérogations seront accordées pour ceux qui rentrent du travail après 21h, pour ceux qui travaillent de nuit, ou pour des urgences (sanitaires, familiales…).
  • Amendes pour les contrevenants en cas de non-respect du couvre-feu (135 euros, 1 500 euros en cas de récidive).
  • Recommandation de limiter à 6 personnes les réunions privées.
  • Développement de nouvelles techniques de test pour accélérer les délais (tests antigéniques autorisés, et possibilité de s’auto-tester). 
  • Aide exceptionnelle de 150 euros avec 100 euros de plus par enfant pour les bénéficiaires du RSA et des APL pendant 6 semaines.
  • Aides supplémentaires (chômage partiel à 100% et fonds de solidarité) pour les secteurs économiques qui seront affectés par le couvre-feu, comme la restauration, les théâtres, les cinémas et l’événementiel.
  • Télétravail privilégié, à raison de deux à trois jours par semaine.
  • Lancement d’une nouvelle application après l’échec de « StopCovid » (que le Premier ministre a appelé par erreur « TéléCovid »), intitulée « Tous anti-Covid ». L’application française n’avait été téléchargée que 2,5 millions de fois contre 16 millions de fois pour l’application britannique et 18 millions pour l’application allemande.

Un décret pris ce mercredi 14 octobre en Conseil des ministres rétablit l’état d’urgence sanitaire à partir du 17 octobre prochain, ce qui autorise le Premier ministre à prendre par décret des mesures limitant la liberté d’aller et venir, la liberté d’entreprendre et la liberté de réunion (y compris des mesures d’interdiction de déplacement hors du domicile), des mesures de réquisition de tous biens et services nécessaires et des mesures temporaires de contrôle des prix.

Le mardi 13 octobre, la mission sur la gestion gouvernementale de la crise sanitaire, constituée à la demande d’Emmanuel Macron autour du Professeur suisse Didier Pittet, a rendu un premier rapport d’étape, pointant des « défauts manifestes d’anticipation, de préparation et de gestion » :

  • un « retard dans le déploiement à grande échelle » des tests, notamment dû au fait que la France n’a « pas l’habitude d’associer les laboratoires de biologie privée à la stratégie ». « Le dialogue entre les labos publics et privés n’a pas été facile. Les vétérinaires, qui connaissent bien le coronavirus, auraient pu et dû être associés. Or cela n’a pas été le cas. »
  • un échec du triptyque tester/tracer/isoler : « insuffisance de repérage des cas contact et non-respect de l’isolement dans des proportions estimées par certaines agences régionales de santé à 30 % des cas. »
  • une communication erratique : « les discours officiels sont apparus contradictoires au point d’être perçus comme mensongers. »

CHIFFRES CLÉS

Au 14 octobre 2020, la France comptabilise 22 591 nouveaux cas de coronavirus lors des 24 dernières heures (contre 18 746 nouveaux cas mercredi dernier). 104 morts ont été enregistrés lors des 24 dernières heures.

Le nombre de morts liés à cette épidémie s’élève à 32 942 (contre 9 758 en Allemagne).

La France est le 19e pays du monde le plus touché par l’épidémie avec une mortalité de 50 décès pour 100 000 habitants (contre 12 décès pour 100 000 habitants en Allemagne).

Par ailleurs, la France est le 48e pays en nombre de tests réalisés depuis le début de l’épidémie : elle est encore derrière le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie ou l’Espagne. Nous n’avons franchi les 500 000 tests par semaine que fin juillet alors que l’Allemagne les avait franchis fin mars.P

Comparé à la première vague de l’épidémie, le gouvernement ne peut pas se targuer de faire face à l’imprévisible. Il avait six mois pour préparer l’hôpital à faire face à l’éventualité d’une deuxième vague. Pour Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes de France, « on paralyse le pays parce qu’il manque de la place dans les hôpitaux » (AFP, mercredi 14 octobre). C’est parce que le gouvernement n’a pas mis en œuvre efficacement une stratégie claire de dépistage, traçage et isolement qu’il en vient à recourir au couvre-feu pour 20 millions de Français.

Qu’a-t-il fait en six mois ? Les tests massifs sont arrivés trop tard et les capacités de dépistage ont rapidement été saturées. Le traçage et l’isolement des cas contacts n’ont donc pas été assurés efficacement. Si le gouvernement fait désormais reposer l’essentiel de la responsabilité de l’endiguement de l’épidémie sur les épaules des Français, c’est aussi parce qu’il n’a pas anticipé et préparé cette deuxième vague.  Tout a-t-il été fait pour renforcer la capacité des hôpitaux (personnel, matériel, nombre de lits disponibles) ?

Si la confiance dans les autorités est à ce point minée, c’est notamment en raison de la litanie de mensonges qu’a proférée le gouvernement, notamment sur la pénurie de masques. Nous attendons du gouvernement une vraie stratégie et non pas des ajustements au jour le jour, et une communication cohérente : lorsque le secrétaire d’État chargé du Tourisme, Jean Baptiste Lemoyne, « incite les Français à réserver leurs vacances » pour la Toussaint trois jours avant l’annonce d’un couvre-feu imposé à vingt millions de Français, on n’y comprend plus rien.

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