Présentation d’un plan de sauvetage du secteur automobile par le gouvernement

Le 26 mai, Emmanuel Macron a présenté un plan de soutien à la filière automobile, employant 900 000 personnes en France et durement touchée par la crise du coronavirus. Le total des mesures est de plus de 8 milliards d’euros selon le gouvernement (en réalité, la majorité de ce montant est un prêt garanti accordé à Renault et ce total inclut des investissements privés des constructeurs automobiles). L’objectif de ce plan est de « faire de la France la première nation productrice de véhicules propres en Europe ». 

Les différentes annonces du plan : 

–       Le renforcement du bonus écologique : le bonus versé à tout particulier acheteur d’un véhicule 100% électrique passe de 6000 euros à 7000 euros à compter du 1er juin. Pour les sociétés qui font l’acquisition d’une voiture électrique, ce bonus remonte de 3000 euros à 5000 euros.

–       Un nouveau bonus de 2000 euros est ajouté pour l’achat de véhicules hybrides rechargeables ayant plus de 50 kilomètres d’autonomie en mode tout-électrique et coûtant moins de 50 000 euros (rappelons que le bonus écologique pour l’achat d’un véhicule hybride avait pourtant été supprimé le 1erjanvier 2018). 

–       La « prime à la conversion », qui permet, sous condition de revenu, de remplacer un vieux véhicule polluant par un plus récent passe à 3000 euros pour tous les ménages pour l’achat d’un véhicule thermique peu polluant et à 5000 euros pour l’acquisition d’un véhicule électrique. Le plafond pour bénéficier de cette prime est augmenté à 18 000 euros de revenu fiscal annuel (par part fiscale) contre 13 489 euros précédemment. Ainsi 75 % des ménages français y auraient accès contre 50 % précédemment.

–       Le plan de déploiement des bornes de recharge est accéléré par l’injection de dizaines de millions d’euros supplémentaires, ce qui permettrait d’atteindre l’objectif de 100 000 bornes en 2021.

Ces nouvelles primes seront effectives du 1er juin à la fin de l’année, inscrites dans le budget rectificatif voté en juillet, et devraient coûter autour de 1 milliard d’euros.

En complément, le gouvernement a annoncé :

–       5 milliards d’euros de prêt garanti par l’État au groupe Renault. 

–       200 millions d’euros de subventions pour aider les équipementiers et sous-traitants dans leur modernisation et leur montée en gamme. 

–       600 millions d’euros au sein d’un fonds d’investissement pour intervenir en fonds propres sur l’ensemble des entreprises de la filière, y compris les entreprises de petite taille menacées de faillite.

–      150 millions d’euros seront mobilisés pour développer l’innovation et la recherche et le développement de la filière automobile française pour développer le véhicule du futur.

En qualité de force d’opposition et de proposition, nous pensons:

Le secteur automobile est une industrie majeure pour notre pays et mérite évidemment d’être défendu. Nous regrettons cependant que les primes annoncées par le gouvernement puissent en réalité bénéficier à des constructeurs étrangers. Et nous déplorons également qu’elles ne soient pas à la hauteur de la situation. Le gouvernement ne table que sur 200 000 primes à la conversion alors que la prime à la casse créée par Nicolas Sarkozy en 2009 avait profité à un million de ménages. 

Nous constatons surtout que le gouvernement se limite à annoncer une myriade de plans de relance sectoriels (plan de soutien à Air France annoncé le 24 avril, plan de soutien à la culture annoncé le 6 mai, plan de soutien au tourisme annoncé le 14 mai, plan de soutien à l’aéronautique annoncé avant le 1erjuillet…) sans se donner une stratégie claire pour relancer notre économie, réindustrialiser notre pays et garantir son autonomie stratégique. 

La crise inédite que nous traversons nous impose d’aller vite pour sauver les emplois mais aussi de voir loin pour remettre en selle notre économie. C’est pourquoi les Républicains présenteront le 2 juin prochain une proposition de grand plan de relance. 

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