Actualités de Bernard Brochand

Position de Bernard Brochand suite à la « manifestation contre l’islamophobie » et sur le retour des djihadistes en France

Une manifestation « contre l’islamophobie » s’est tenue ce dimanche 10 novembre à Paris, rassemblant quelque 10 000 participants (préfecture de police) en présence de personnalités communautaristes, et coorganisée par le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), relais en France des Frères musulmans. Lors de la manifestation, l’ancien directeur du CCIF, Marwam Muhammad, a fait scander des « Allahu akbar » à la foule, accusant les médias (et non les islamistes) de « faire passer cette expression religieuse pour une déclaration de guerre ». La photo montrant un groupe de manifestants, dont une petite fille portant sur son manteau une étoile jaune a fait le tour des médias.  

Il faut déplorer qu’un antiracisme dévoyé soit mis au service du communautarisme. Cette manifestation a été la triste illustration de la convergence entre communautarisme islamiste et dérive islamo-gauchiste. Que Jean-Luc Mélenchon ou des écologistes se soient joints à cette manifestation est un déshonneur. Faire porter une étoile jaune à une petite fille est abject.

Evidemment toute forme de racisme est condamnable mais la critique de l’islam – comme de toute religion – doit être libre. Il est absurde de prétendre que la France est islamophobe ou qu’il y existe un racisme d’État. Selon le bilan du ministère de l’Intérieur, les actes antimusulmans ont baissé en 2018 et sont à leur plus bas niveau jamais enregistré (100 en 2018), contrairement aux actes antisémites (541 en 2018, +74%) et antichrétiens (1063 en 2018, +2,4%).

Maintenant pour faire face à l’islamisme, il faut agir. Il faut veiller au respect de la laïcité à l’école et dans les services publics, interdire le port du voile aux accompagnatrices scolaires (les Républicains ont voté cette interdiction au Sénat le 29 octobre), faire appliquer la loi de 2010 interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public et lutter implacablement contre le communautarisme, terreau du terrorisme. Nous devons interdire aux élections municipales les listes communautaires qui ne respectent pas nos principes républicains. Et l’ambiguïté du chef de l‘Etat sur le sujet est inadmissible.

Concernant le retour des djihadistes en France, la Turquie a décidé de mettre sa menace à exécution.

Le Ministère de l’Intérieur vient d’indiquer que la Turquie allait renvoyer 11 djihadistes français membres du groupe Etat Islamique (EI) dans les prochains jours dans le cadre d’une campagne d’expulsion des djihadistes étrangers qu’elle détient dans ses prisons. Parmi ces onze djihadistes ; il y aurait au moins 3 femmes accompagnées de leurs 5 enfants.  

Le gouvernement assume le retour et l’accueil de ces djihadistes en France : Florence Parly a expliqué que « le protocole Cazeneuve permet de rapatrier vers le France des terroristes ». C’est ainsi que 215 djihadistes adultes sont déjà revenus en France après être partis faire le djihad en Syrie ou en Irak (depuis 2012) : 148 sont écroués et 67 sont libres (Ministère de la Justice 8 juillet 2019)

Depuis des années, les Républicains demandent au gouvernement d’interdire le retour des djihadistes et de les déchoir de leur nationalité, en cas de double nationalité : ils ont trahi la France et ils n’ont plus leur place dans notre pays. Ce n’est pas le cas pour le gouvernement britannique qui a eu le courage de prononcer quelque 150 déchéances de nationalité (« passport bans« ) pour empêcher le retour de ressortissants anglais partis faire le djihad.

Nous pensons qu’il faut que ces personnes soient jugées sur place et qu’elles ne reviennent pas en France. L’Europe doit prendre l’initiative d’un tribunal pénal international en Irak, un « Nuremberg des djihadistes », pour prononcer des peines d’exception. Ainsi les djihadistes seraient jugés, condamnés et détenus sur place. Les Républicains ont fait cette proposition d’un tribunal pénal international depuis cinq ans. Sans succès.

La situation des enfants de djihadistes mérite d’être étudiée avec la plus grande attention. Ce sont les victimes innocentes du fanatisme de leur parent. Nous soutenons un retour des enfants au cas par cas, avec un placement dans des structures spécialisées en cas de traumatisme ou d’endoctrinement. Les enfants plus âgés, parfois surnommés « les lionceaux du califat », doivent être pris en charge par des services spécialisés avec une surveillance permanente. Nous ne devons faire montre d’aucune naïveté.

En revanche, les femmes de djihadistes sont des djihadistes. Elles doivent être traitées comme les hommes et assumer leur engagement. Nous devons les déchoir de leur nationalité et leur interdire le retour sur notre territoire car la barbarie n’a pas de sexe et elles sont au moins aussi déterminées que les hommes. Elles ne méritent pas un sort différent.