Point sur la gestion de la crise sanitaire

Le 18 novembre, un nouveau conseil de défense sanitaire se tenait à l’Elysée afin de réfléchir à la stratégie gouvernementale pour poursuivre la gestion de la crise. Emmanuel Macron devrait s’exprimer la semaine prochaine pour évoquer, d’après Le Monde, les étapes d’un déconfinement progressif.

Interviewé par la presse régionale le 16 novembre, le ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran a affirmé que la situation sanitaire s’améliore, indiquant que le nombre de nouveaux diagnostics diminue. Le gouvernement maintient cependant le confinement : fermeture des petits commerces et blocage des rayons de produits non-essentiels dans les grandes surfaces, restriction de circulation, maintien du télétravail, attestation de déplacement obligatoire, interdiction de rassemblements vouée à durer dans le temps, etc. Le Premier ministre a annoncé, le 14 novembre dernier, un renforcement des contrôles de police. Il a également indiqué travailler à un ensemble de règles qui s’appliqueront jusqu’à l’arrivée d’un vaccin contre le coronavirus.

Le 16 novembre, la société de biotechnologie américaine Moderna a annoncé que son vaccin était efficace à 94,5 %. Ce mercredi 18 décembre, le laboratoire Pfizer a annoncé que les résultats finaux de son vaccin le rendait efficace à 95%. D’après Les Echos, les autorités sanitaires françaises auraient déjà défini les contours de la campagne de vaccination : les professions de santé et médico-sociales seront les premières à accéder au vaccin.

Chiffres clés

Le 17 novembre, la France a passé la barre des 2 millions de contaminations depuis le début de l’épidémie.

Au 18 novembre 2020, la France comptabilise 9 945 nouveaux cas de coronavirus lors des 24 dernières heures. D’après le dernier bilan de Santé publique France, la France fait état de 428 morts a à l’hôpital en 24 h et 791 morts supplémentaires dans les EHPAD et les établissements médico-sociaux.

Le nombre de morts liés à cette épidémie en France s’élève désormais à 46 273 (contre un total de 13 248 en Allemagne). La France est le 15e pays le plus touché par l’épidémie avec une mortalité de 70 décès pour 100 000 habitants (l’Allemagne est le 76e pays le plus touché avec 15 décès pour 100 000 habitants).

La France est le 41e pays en nombre de tests réalisés depuis le début de l’épidémie : elle est encore derrière le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie ou l’Espagne. Nous n’avons franchi les 500 000 tests par semaine que fin juillet alors que l’Allemagne les avait franchis fin mars. Les tests massifs sont arrivés trop tard (quatre mois après l’Allemagne) et les capacités de dépistage ont rapidement été saturées. De nombreux « cas contacts » n’ont été ni identifiés ni isolés. Il n’y a eu aucune stratégie cohérente de dépistage et d’isolement des personnes infectées.

On ne peut que se satisfaire que la propagation de l’épidémie commence à ralentir. Il faut préparer dès maintenant le déconfinement qui ne pourra être réussi qu’à condition de faire des tests massifs et un véritable isolement des personnes infectées. C’est ce que disait l’OMS ou le professeur Philippe Juvin dès le mois de mars. De graves défauts de transparence, d’anticipation et de concertation rendent les annonces gouvernementales incompréhensibles pour beaucoup de Français. Quand on laisse des centaines de manifestants d’extrême-gauche s’agglutiner devant l’Assemblée nationale tout en maintenant la fermeture des petits commerces malgré des protocoles sanitaires stricts, il ne faut pas s’étonner que la confiance des Français dans la gestion de la crise sanitaire soit l’une des plus faibles d’Europe.

NOS PROPOSITIONS SANITAIRES

Le gouvernement ne peut plus se permettre d’avoir un temps de retard sur l’épidémie, de multiplier les annonces contradictoires ou les propos mensongers. Il faut tout faire dès maintenant pour préparer et réussir le déconfinement.

1. Dire la vérité aux Français

Quand il n’y avait pas assez de masques en raison de l’incurie du gouvernement, il soutenait qu’ils étaient « inutiles » (Olivier Véran, le 23 février), voire « contre-productifs » (Sibeth Ndiaye le 20 mars). Quand il n’y avait pas assez de tests, le gouvernement prétendait que les tests massifs étaient « une fausse protection » (Olivier Véran, le 7 avril)et n’avaient « pas de sens au niveau médical et scientifique » (Olivier Véran, le 25 avril). Quand il manque des lits en réanimation, Emmanuel Macron nous explique qu’en augmenter le nombre « n’est pas la bonne réponse à l’épidémie » (le 28 octobre). Rappelons qu’Olivier Véran promettait le 28 mars 14 500 lits de réanimation pour le mois d’avril (promesse jamais tenue) ; les hôpitaux en comptent aujourd’hui 7 700.

2. Renforcer en urgence nos capacités hospitalières

–              Ouvrir en urgence des hôpitaux éphémères, comme cela a été fait au Royaume-Uni, qui a mis en place un hôpital de campagne de 4000 lits en neuf jours (le Premier ministre britannique vient d’ailleurs de réactiver trois hôpitaux de campagne) ;

–              Mettre en place une formation accélérée de nos professionnels de santé, recruter des infirmiers et médecins réanimateurs à l’étranger, et mobiliser les étudiants en médecine et les médecins retraités ;

–              Créer un corps d’auxiliaires de santé qui après une formation de trois semaines pourrait soutenir le personnel soignant dans les tâches non-spécialisées (brancarder, nourrir ou tenir compagnie) et former des aides-soignantes et des infirmières pour seconder les médecins et les internes.

3. Tester rapidement et massivement et isoler réellement les personnes infectées

–              Déployer massivement les tests antigéniques, notamment dans les écoles et dans les aéroports.

–              Isoler réellement les personnes infectées.

–              Renforcer massivement les contrôles aux frontières et mettre en quarantaine les étrangers arrivant sur notre sol, comme c’est le cas au Royaume-Uni.

–              Dépister régulièrement le personnel soignant et les enseignants et contrôler la température des élèves à l’entrée des établissements.

–              Voter d’ici la fin de l’année une loi de programmation de la santé pour cinq ans.

NOS PROPOSITIONS ÉCONOMIQUES

–              Autoriser les préfets, par département, à ouvrir les commerces de proximité lorsque les conditions sanitaires sont réunies.

–              Annuler les charges sociales et fiscales correspondant à la durée des deux confinements des TPE et PME les plus affectées par la crise sanitaire.

–              Soutenir le secteur de l’hôtellerie-restauration en réduisant la TVA de 10% à 5,5%.

–              Créer un fonds souverain qui fusionnerait les fonds de la BPI et de l’Agence des participations de l’Etat pour proposer aux Français des produits financiers et mobiliser leur épargne sur les secteurs stratégiques.

–              Instaurer un dispositif “zéro charge patronale” pour tout recrutement d’un apprenti. Le gouvernement a mis en place, dans son plan de relance, une aide financière de 5 000 euros pour un apprenti de moins de 18 ans, et de 8 000 euros pour un apprenti majeur. Il est préférable de transformer ce dispositif en une exonération de charges pérenne.

–              Aider les jeunes à accéder à leur premier emploi : les premiers six mois de salaire des jeunes diplômés embauchés par les entreprises pourraient être pris en charge par l’État (sur le modèle de prise en charge du chômage partiel) ; mesure suivie d’une exonération totale de cotisations sociales de deux ans pour l’entreprise avec un engagement d’un contrat en CDI.

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