Pêche post-Brexit : le gouvernement entre cacophonie et renoncement

Le jeudi 18 novembre, la ministre de la Mer, Annick Girardin, a annoncé préparer « des plans de sortie de flotte » visant à indemniser les navires français qui n’obtiendraient pas de licences de pêche dans les eaux britanniques. Une enveloppe de 40 à 60 millions d’euros pourrait être mise sur la table provenant du fonds européen destiné à accompagner les conséquences du Brexit.

Face aux vives réactions des comités de pêche régionaux et national qui dénoncent un abandon et une proposition « indécente », la ministre de la Mer a affirmé, dimanche 21 novembre, sa volonté de « continuer le combat ». De son côté, désireux de se montrer impliqué dans cette crise post Brexit, Emmanuel Macron a échangé, ce même dimanche, par téléphone avec Olivier Leprêtre, président du Comité Régional des Pêches en assurant à son interlocuteur qu’il ne lâcherait pas les pêcheurs français

Onze mois après le Brexit, 150 bateaux français attendent toujours les autorisations pour pêcher en eaux britanniques et capituler face au gouvernement britannique reviendrait à abandonner ces 150 bateaux.

La colère et le sentiment d’abandon des pêcheurs français sont légitimes devant un gouvernement qui ne parvient pas à s’imposer face à Londres. Les pêcheurs français attendent davantage qu’une indemnisation. Ils souhaitent que leur pays les défende afin de pouvoir reprendre le travail.

Nous déplorons la « résignation » et « le renoncement » du gouvernement français face à « la mauvaise foi » des Britanniques sur le dossier de la pêche : en préparant, dès à présent, des plans de secours dans le cas où les négociations avec Londres n’aboutiraient pas, le gouvernement donne un signal d’abandon et de faiblesse aux pêcheurs et à Boris Johnson. Cette situation place immédiatement la France en mauvaise posture pour la suite des négociations. Une nouvelle fois, la présidence d’Emmanuel Macron aura marqué une perte d’influence française à l’international.

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