Photo de Bernard Brochand, député des Alpes-Maritimes et à l'Assemblée Nationale

Monsieur le Président, ne nous oubliez pas… Ça suffit !

J’ai eu l’occasion de rencontrer Monsieur Emmanuel Macron, Président de la République, lors de la privatisation de l’aéroport de Nice, alors qu’il était ministre de l’économie. J’ai trouvé un homme très intelligent, capable de prendre des décisions immédiates pour résoudre des problèmes difficiles. C’est donc avec quelques semaines de réflexion et de contacts quotidiens avec le peuple de France que je me permets d’écrire cette tribune résumant ma pensée actuelle, laquelle je l’espère, aidera Monsieur Macron à changer de stratégie.

Les doutes se multiplient à l’égard du chef de l’Etat, en témoigne le dernier sondage du Figaro qui a vu sa popularité en baisse à 29 %, niveau 2 fois moins élevé que lors de son élection (66%).

Jupiter est finalement descendu de son Olympe. La victoire des Bleus a vite été oubliée au profit de l’affaire Benalla qui malgré les vacances continue d’alimenter la presse et décrédibilise un peu plus l’opinion des Français sur les élites politiques.

Alors qu’il avait été élu sur une promesse de transformation, de modernisation et de rupture qu’il avait dénommée « le nouveau Monde », les Français commencent à douter, ne font plus confiance au chef de l’Etat pour renouveler la fonction présidentielle et ne croient plus vraiment en sa vision pour l’avenir.

17 mois après le début de son mandat, la politique du Président ne produit aucun effet vraiment positif et l’ensemble des voyants économiques sont inquiétants. Le chômage est toujours aussi préoccupant, la croissance est arrêtée, le déficit commercial de plus en plus catastrophique. Ajoutons à cette liste l’absence de maitrise des dépenses publiques et un matraquage fiscal sans précédent, responsable d’une perte de pouvoir d’achat pour tous les Français.

Le Président s’essouffle et ses réformes mécontentent toutes les classes de la société. Les retraités sont les premiers à en faire les frais et les classes moyennes n’en peuvent plus de se serrer la ceinture, logement, transport, carburant, tout a augmenté. Le pouvoir est assuré par un Chef de l’Etat technocrate, certain de sa supériorité et déconnecté du terrain et des réalités quotidiennes des Français et ce ne sont pas les incantations du Premier Ministre sur les perspectives de croissance ou la baisse du déficit qui convainquent les Français.

Le Président consulte beaucoup mais écoute peu, notamment les élus, les territoires ou même les Français qui sont exaspérés même si on leur répète que c’est pour leur bien.  Il est entouré d’un petit noyau de conseillers, et les Ministres et les députés LREM sont à ses ordres. Pour preuve les démissions spectaculaires de Nicolas Hulot et de Laura Flessel.

Le Président ne comprend pas les territoires et l’absence de consultation avec les collectivités locales en est le signe. Les maires perdent progressivement leurs pouvoirs au profit des Préfets dont beaucoup sont des énarques formatés et loin du peuple. Les maires deviennent des fonctionnaires sans possibilité de pouvoir exprimer leurs idées et sans pouvoir prendre des initiatives concrètes vis-à-vis de ceux qui les ont élus (400 maires ont démissionné depuis l’élection présidentielle).  Quant à l’Assemblée nationale, elle devient une cour de récréation où la majorité LREM applaudit continuellement à chaque question posée et à chaque réponse des ministres. Cela devient ridicule et enlève à l’Assemblée nationale le côté sérieux et solennel des débats qu’elle devrait mener.

Or les Français attendent des résultats concrets pour plus de pouvoir d’achat, plus d’emploi, plus de sécurité et moins d’immigration.

Le Président de la République et le Gouvernement se réfugient derrière une communication continue, légère et sans effet. Or, arrêtons de prendre les Français pour des idiots, ils savent faire la différence, tant sur la forme que sur le contenu des coups de « com » que font le Président et le Gouvernement.

C’est le moment où la droite républicaine se doit d’être une force de propositions. Il est temps de réagir, de promouvoir une alternative à la politique technocratique de Monsieur Emmanuel Macron qui aboutira obligatoirement à des réactions violentes du peuple.