Marche blanche contre le harcèlement scolaire

Lundi 8 mars dernier, à Argenteuil, une adolescente est morte noyée, après avoir été violemment frappée par deux camarades et jetée dans la Seine. Les deux suspects, un garçon et une fille de 15 ans, ont été mis en examen pour assassinat et placés en détention provisoire. Ils avaient été exclus de leur établissement scolaire pour harcèlement. 

Dimanche 14 mars, 2000 personnes se sont rassemblées devant le lycée de la jeune fille pour lui rendre hommage et dénoncer le harcèlement scolaire. 

Chiffres

D’après la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), 5,6% des élèves se disaient harcelés en 2018. L’Unicef évalue en France à 700 000 élèves le nombre de victimes de harcèlement scolaire. Les chiffres varient de 12 % en primaire, 10 % au collège et 4 % au lycée. 

Le nombre de mineurs mis en cause dans des affaires pénales a quasiment doublé en 20 ans : 217 800 mineurs étaient impliqués comme auteurs dans une affaire de délinquance contre 132 000 en 2000.

Le harcèlement scolaire tue. Il n’est plus l’heure de constater ou de tergiverser mais bien de mettre en œuvre de véritables actions pour lutter contre ce phénomène, en sensibilisant les enfants dès le plus jeune âge et en développant des mécanismes efficaces de détection des cas. 

Par ailleurs, ce constat démontre une montée de la violence chez les plus jeunes que nous ne pouvons ignorer car elle démontre l’ultra-violence qui prospère dans notre pays et le délitement de l’autorité de l’État. Au lieu de durcir et d’exécuter les sanctions, le gouvernement privilégie les alternatives à l’incarcération dédiées aux mineurs dans son Code de la justice pénale des mineurs (dont l’entrée en vigueur est prévue le 30 septembre 2021).

Quelques-unes de nos propositions : 

– Faire de la lutte contre le harcèlement scolaire une priorité de la politique éducative en menant de véritables campagnes de sensibilisation et en créant des référents dans les établissements scolaires pour permettre de repérer les cas de harcèlement le plus tôt possible.

– Durcir la justice pénale des mineurs en augmentant considérablement le nombre de places en Centres éducatifs fermés (CEF) et en s’assurant qu’ils soient réellement fermés. Il faut réduire massivement les délais de jugement pour que la première sanction soit effective peu de temps après le premier délit (alors qu’ils dépassent souvent les deux ans).