LES RAISONS QUI ONT POUSSÉ LES RÉPUBLICAINS À VOTER CONTRE LA CONFIANCE AU GOUVERNEMENT À LA SUITE DU DISCOURS DE POLITIQUE GÉNÉRALE DU PREMIER MINISTRE 13 juin 2019

L’élection d’Emmanuel Macron avait fait naître, incontestablement, un espoir chez les Français. Mais l’espoir a été de courte durée. Quelques exemples pour appuyer mon propos : une politique fiscale injuste et brutale, l’arrogance d’un Président qui ne comprend pas les Français, le mépris total pour l’opposition, les sidérantes révélations de l’affaire Benalla, une crise sociale sans précédent dans la durée et la violence.

Nous avons assisté à un décalage systématique entre les paroles et les actes du président de la République et de sa majorité.

Deux ans plus tard, le bilan de l’action du gouvernement n’est pas à la hauteur des enjeux : le gouvernement et le Président ont confondu transformation et communication.

La première loi votée a été consacrée à satisfaire une partie de l’opinion publique en stigmatisant les élus, et en supprimant la réserve parlementaire, qui permettait aux députés d’épauler localement les projets et les associations.

La CSG payée par les retraités a été augmentée comme jamais puis leurs pensions de retraite désindexées de l’inflation, une première depuis 1945 !

La politique territoriale a mis en lumière le peu d’intérêt du Président pour les élus locaux par l’exercice d’un pouvoir particulièrement centralisateur qui a trouvé son paroxysme avec l’obligation uniforme de l’application des 80 km/h.

Au lieu de défendre une écologie juste et positive, une hausse de la fiscalité sur les carburants a touché tous ceux qui n’ont d’autres alternatives à la voiture, et en particulier les ruraux et les péri-urbain.

Bref après une première année de quinquennat le pouvoir d’achat des Français a diminué de 4,5 milliards d’euros !

Ne parlons pas des économies de bout de chandelles injustes avec le rabot de 5 € sur les APL au détriment des plus modestes et la réduction de la prestation d’accueil du jeune enfant au détriment des familles.

L’autorité de l’Etat n’a cessé d’être bafouée par les casseurs qui ont pris en otage le mouvement des gilets jaunes et créé le chaos samedi après samedi, menaçant le commerce des centres villes déjà fortement fragilisé.

En deux ans l’immigration légale a bondi de 11% et ce rythme devrait continuer de croître, de même que celui des demandes d’asile qui sont en nette augmentation. Il a été délivré un nombre record de titres de séjours en 2018.

Le grand absent de ce discours concerne le financement des mesures annoncées et la baisse de la dépense publique.

Alors que nous avons voté 41% des textes de loi proposés par LREM, que dire enfin de l’attitude du gouvernement qui a rejeté l’ensemble des propositions de loi des Républicains quand bien même ces textes s’avéraient trans-partisans et s’attaquaient à des sujets concrets qui devraient nous réunir.  A titre d’exemple édifiant, le rejet incompréhensible de la proposition de loi de notre collègue Aurélien Pradié qui visait à favoriser l’inclusion des élèves en situation de handicap. C’est un sujet majeur devant lequel nous aurions dû nous retrouver en bonne intelligence, dans l’intérêt de ces enfants et de leurs familles.

La France est un grand pays démocratique dans lequel une majorité a besoin d’une opposition.

Je souhaite ardemment que la France aille mieux.

Il s’agit désormais de vraiment réformer, et non plus de se contenter d’annoncer des réformes. Le temps presse, le temps du quinquennat est compté.

Il faut une une grande loi de décentralisation pour redonner des pouvoirs de décisions aux acteurs de territoire.

Il faut une réforme courageuse des retraites, sur laquelle nous n’accepterons pas l’enfumage. Les Français doivent savoir en toute transparence à quel âge et à quel taux ils pourront partir en retraite.

Nous attendons une grande fermeté en matière d’immigration et des positions claires sur le sujet de la laïcité.

Il faut enfin une politique de baisse ambitieuse des dépenses publiques, seul moyen de baisser fortement et durablement les impôts qui pèsent sur nos compatriotes, et en particulier sur les classes moyennes pour lesquels le mérite et l’effort doivent payer. A ce titre, nous sommes la seule formation politique à avoir mis sur la table des propositions pour faire en un an 20 milliards d’euros d’économies et pour en consacrer la moitié à des baisses d’impôts.

« Nous avons, la France comme idéal et le Parlement comme bien commun ! »