Les propositions de Valérie Pécresse pour la décentralisation

Plus d’un millier de personnes dont 750 élus de toute la France étaient réunis à Chartres autour de Valérie Pécresse, afin de participer à une table ronde d’élus locaux concernant les territoires, ce vendredi 4 mars.

Constats

Il a été le président de la fracture entre Paris et les territoires par sa méconnaissance des collectivités locales, sa méfiance envers les élus et sa présidence verticale. La gestion de la crise sanitaire est le meilleur exemple de sa conception centralisatrice et technocratique du pouvoir : toutes les décisions ont été prises depuis l’Élysée, ce qui a abouti à des situations grotesques et inefficaces, comme les interdictions faites aux maires de distribuer des masques à leur population.

Emmanuel Macron a aggravé la défiance de nos citoyens en manipulant le débat démocratique et territorial. A la suite de la crise des Gilets jaunes, Emmanuel Macron a fait semblant de renouer le dialogue avec les maires. Cependant, après des dizaines de réunions lors du Grand débat, après des milliers de pages noircies de doléances, qu’en est-il resté ? Rien. Avec ces concertations fictives, il ne faut pas s’étonner que les Français disent ne plus croire dans la démocratie, qu’elle soit nationale ou locale.

Emmanuel Macron a délibérément affaibli la présence de l’État au cœur des territoires, en privant les Français de services publics de proximité. Pour satisfaire sa vision d’un État start-up déraciné aux cadres interchangeables, il a supprimé le corps préfectoral, qui permettait pourtant à l’État de se doter de professionnels de l’action publique déconcentrée. Il a vidé les préfectures de leurs personnels : l’ensemble de ces personnels ne compte plus que 25 000 fonctionnaires, soit à peine 40% des effectifs de la ville de Paris. Les services publics dans les territoires se sont réduits comme peau de chagrin : entre 2016 et 2019, le nombre de Français vivant dans un désert médical a augmenté de 1,7 million.

A la source de notre malaise démocratique se trouve d’abord un malaise territorial. L’enchevêtrement des compétences condamne actuellement les pouvoirs publics à l’impuissance. Cette décentralisation inachevée a abouti à la multiplication des doublons, car l’État a transféré des compétences tout en gardant la main. Aujourd’hui, un changement profond est nécessaire, non pas de degré mais de nature : libérer et faire confiance, à travers une revitalisation de la démocratie, une démocratie de proximité.

La force de la France est dans ses régions, dans ses départements, dans ses villes, ses bourgs et ses villages. Valérie Pécresse souhaite faire souffler sur cette France des territoires un grand vent de liberté, pour bâtir ensemble une nouvelle France.

Les principales propositions de notre candidate pour la décentralisation

  • Créer de vrais blocs de compétences pour une décentralisation efficace : faire de la République des maires plus qu’un slogan, faire du département la collectivité de proximité et des régions les collectivités de l’action économique
  • Donner aux collectivités les moyens financiers de leurs nouvelles ambitions et faire correspondre à tous les transferts de compétences des ressources suffisantes et stables. Engager le renforcement de l’autonomie financière et fiscale des collectivités territoriales en lançant une grande conférence des territoires. Donner aux collectivités territoriales une visibilité et une garantie sur leurs ressources pendant toute la durée du quinquennat.
  • Donner aux maires et aux présidents de région et de département la possibilité d’adapter les règles nationales aux réalités locales par des contrats conclus avec les préfets. Le droit à la différenciation sera inscrit dans la Constitution et le législateur pourra confier aux collectivités le pouvoir réglementaire d’application d’une loi.
  • Conjuguer choc de décentralisation avec choc de déconcentration, en ramenant tous les services de l’État et leurs personnels sous l’autorité unique du préfet. Les préfets auront le pouvoir d’adapter les réglementations nationales aux réalités locales.
  • Supprimer toutes les règlementations excessives qui entravent l’action des collectivités territoriales en mettant en place un « comité de la hache ».
  • Redonner aux maires le pouvoir de dessiner leur ville: Favoriser les projets d’intérêt local, notamment en milieu rural, en adaptant le « zéro artificialisation nette » ; Ne pas construire davantage de logements sociaux là où il y en a déjà trop, en adaptant les objectifs de construction de la loi SRU ; Redonner la main aux maires dans le logement social en leur permettant d’attribuer 60% des logements sociaux de leur commune.
  • Garantir la sécurité locale et protéger les élus : Mettre fin aux violences contre les élus, notamment locaux, en interdisant les classements sans suite en cas d’atteinte aux représentants du peuple et de la loi. Pour les agressions physiques, des peines planchers exemplaires d’au moins un an seront appliquées. Mieux protéger les élus dans l’exercice de leurs fonctions en créant un vrai statut des élus.
  • Réparer les fractures en défendant l’équité entre les territoires : Éradiquer les quartiers ghettos en 10 ans, en instaurant un plafond anti-ghetto : pas plus de 30% de logements très sociaux par commune. Être au rendez-vous du défi climatique en introduisant davantage de nature dans les villes. Nous devons ménager le territoire en milieu urbain et l’aménager en milieu rural. Accorder la même attention aux petites communes qu’aux grandes agglomérations, en investissant un euro pour la ruralité pour chaque euro investi dans la politique de la ville. Renouer avec une grande ambition d’aménagement du territoire en garantissant un accès au très haut débit en 2024 grâce à la fibre et aux liaisons satellites. Miser sur des services publics au plus près des territoires en multipliant les maisons de services de proximité et en refusant que des classes d’école soient fermées en milieu rural sans l’accord du maire.