Les propositions de Valérie Pécresse pour la compétitivité

Mercredi 9 mars, Valérie Pécresse s’est exprimée devant l’Union des industries et métiers de la métallurgie pour présenter ses objectifs industriels.

Constats

Contrairement à ce que voudrait faire croire Emmanuel Macron, nos entreprises croulent sous les impôts. Nous sommes les premiers en Europe sur la pression fiscale des entreprises : le taux d’imposition représente en moyenne plus de 60 % du résultat commercial des entreprises, soit 20 points de plus que la moyenne européenne. Nos entreprises étouffent sous les carcans et les normes administratives. Les aides aux entreprises sont un véritable maquis dans lequel elles se perdent : il y a actuellement plus de 2 000 aides et le coût de la complexité du droit en France est évalué à 3 points de PIB par an.

La croissance de 7 % en 2021 n’est qu’une supercherie : la croissance est calculée par rapport à l’année précédente, soit la pire récession depuis 1945 (- 8 % en 2020), et le niveau d’avant crise n’a même pas été atteint (-1,6 % par rapport à 2019). Ce n’est pas un rattrapage, c’est un cache-misère : les prévisions de croissance pour 2022 placent la France 21ème de l’Union européenne et même 25ème en 2023 ! La France sort bien plus affaiblie de la crise que ses voisins.

La France décroche nettement en Europe et dans le monde : le déficit commercial est à un niveau record, jamais vu en Europe (- 84,7 milliards d’euros en 2021). En 10 ans de quinquennat Hollande-Macron, les Français se sont appauvris : alors que l’écart était nul avec l’Allemagne, il s’est creusé de 18 %.

Les finances publiques de la France sont dans un état extrêmement préoccupant : en 2019, avant la crise, la France présentait le pire déficit de la zone euro, ce qui n’était jamais arrivé. En 5 ans notre dette a augmenté deux fois plus vite que celle de l’Allemagne. En 10 ans, ce sont 1 000 milliards de dettes supplémentaires qui ont été accumulés. En l’absence de réduction des dépenses publiques, ces déficits et ces dettes génèrent toujours plus d’impôts pour nos entreprises.

Valérie Pécresse propose un plan afin de soutenir nos industries et faire de la souveraineté industrielle une grande cause nationale de son quinquennat. Il est nécessaire de retrouver un État stratège pour réindustrialiser la France et pour produire plus, produire mieux et produire plus local.

Les principales propositions de notre candidate pour défendre en priorité notre souveraineté industrielle

  • Simplifier la vie des entreprises par la débureaucratisation et la simplification :
    • Simplifier les normes et “l’administration administrante” en supprimant un tiers des établissements publics et en divisant par 2 les codes grâce à un “comité de la hache” ;
    • Accélérer les délais de traitement et de recours contre les grands projets et diviser par 2 les délais administratifs pour l’extension des sites industriels ;
    • Réduire drastiquement les dépenses publiques et alléger les charges qui pèsent sur les entreprises avec la suppression 200 000 postes de fonctionnaires, l’instauration d’une règle d’or budgétaire qui fixera pour 5 ans des objectifs contraignants de déficit public et de dette publique, le lancement d’un grand mouvement de décentralisation pour supprimer les doublons administratifs, la réforme de l’assurance chômage en accentuant la dégressivité à partir de 6 mois et le recul de l’âge de départ à la retraite pour assurer la pérennité financière du système.
  • Améliorer la compétitivité de notre économie en réduisant les charges et les impôts :
    • Baisser les impôts de production de 10 milliards d’euros en supprimant la C3S et en instaurant une exonération du forfait social ;
    • Encourager la contribution de nos PME à l’innovation en recentrant le crédit d’impôt-recherche.
  • Faire correspondre les compétences des Français et les besoins des entreprises :
    • Instaurer un véritable sursaut national pour l’éducation en remettant les fondamentaux au cœur de l’école et en développant l’apprentissage dès la 3ème ;
    • Développer une orientation personnalisée qui sera confiée à des intervenants missionnés par les régions ;
    • Former les salariés en fonction des besoins des territoires et dans les métiers en tension ;
    • Lancer un grand plan numérique pour former 1 million de talents numériques d’ici 2030.
  • Mettre le travail au cœur de notre projet de société :
    • Assumer une société dans laquelle le travail paie plus que l’assistanat en augmentant de 10 % en 5 ans le salaire net (hors inflation) de ceux qui touchent moins de 2 800 euros par mois et en conditionnant le RSA à 15 heures d’activité d’intérêt général ;
    • Permettre à tous les Français de travailler plus pour gagner plus – libéraliser le temps de travail en permettant aux entreprises d’adapter la durée de référence du temps de travail par la négociation collective ou les accords d’entreprise, défiscaliser complètement les heures supplémentaires sans restriction ni plafond, permettre aux salariés de convertir davantage de RTT en salaire, sans limite et sans charge.
  • Retrouver un État stratège pour réindustrialiser la France et pour produire plus, produire mieux et produire plus local :
    • Soutenir l’innovation en regroupant au sein d’un même ministère l’Industrie et l’Innovation ;
    • Protéger nos entreprises technologiques stratégiques en mettant en place un Haut conseil à la souveraineté économique qui autorisera les investissements étrangers en France ;
    • Développer une production souveraine de biens stratégiques avec un cloud souverain à l’horizon 2030, des quotas européens en matière de logiciels et d’infrastructures numériques et de puces électroniques avec pour objectif d’atteindre 50 % ;
    • Mettre fin à la naïveté européenne pour que nos concurrents étrangers respectent les mêmes règles que les entreprises de l’Union européenne et soutenir une véritable taxe carbone aux frontières de l’Europe, imposer la préférence européenne dans la commande publique, faire en sorte que l’Europe exige la réciprocité avec la Chine et les Etats-Unis en matière commerciale et d’accès aux marchés publics ;
    • Mieux diriger l’argent des Français vers l’économie productive pour produire mieux et plus local :
      • Accélérer la transition écologique de nos territoires par la création d’un “Livret Vert” en fusionnant le Livret Développement Durable et le Livret A qui permettra de financer tous les projets contribuant à accélérer la transition écologique de nos territoires et à lutter contre le réchauffement climatique ;
      • Soutenir l’investissement local grâce une “Aide à l’Investissement de proximité” ;
      • Permettre à tous les Français d’investir dans l’économie productive, grâce à une caisse de garantie publique qui labellisera des Fonds d’investissement dans l’économie française (FIEF) ou régionale (FIER) privés.