Les hôpitaux sous tension

Un avis du Conseil scientifique en date du 5 octobre chiffre à environ 20% le nombre de lits fermés. Une statistique corroborée par l’AP-HP, où 19 % des lits étaient fermés au mois de septembre 2021, soit deux fois plus que dans la situation d’avant-Covid. Même pendant la crise, le nombre de places d’hospitalisation complète a continué de décroître avec 5 700 lits fermés entre décembre 2019 et décembre 2020 selon la DREES.

A cela s’ajoutent, pour manque de personnel, des lits qui ne sont pas opérationnels, la Fédération hospitalière de France (FHF) faisant état d’”un taux d’absentéisme de l’ordre de 10% » (contre 8% avant le Covid) et de « 2 à 5% de postes vacants de soignants » au sein des hôpitaux et des établissements médico-sociaux publics. Une profession est particulièrement concernée : les infirmiers avec 10 à 15% de postes vacants sur l’ensemble du territoire selon le Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI). Pour faire face aux besoins de santé, la DREES estime que nous aurons besoin de 250 000 infirmiers supplémentaires d’ici 2040.

Le porte-parole du gouvernement a annoncé lancer une enquête sur ces questions et un amendement a été adopté en fin de semaine dernière au Sénat dans le cadre de l’examen du projet de loi portant diverses mesures sanitaires pour demander un rapport sur les conséquences des fermetures de lits d’hôpitaux.

Si la crise sanitaire a mis en lumière l’engagement et l’abnégation des soignants, elle a été aussi le révélateur de leurs désastreuses conditions de travail et de leur épuisement qui date de bien avant le Covid. Ces difficultés structurelles n’ont pas été résolues par le Ségur de la Santé, dont les accords de revalorisation sont bien insuffisants pour stopper l’hémorragie d’absentéisme et de démissions. Le Ségur de la santé, ce sont des mesures d’urgence, prises dans l’urgence, sans réflexion approfondie.

Aucune leçon n’a été tirée, depuis deux ans, par le gouvernement qui décide de lancer une énième enquête sur la situation catastrophique de nos hôpitaux qui était déjà bien connue et pourtant rien n’a été fait. Pire, les promesses de lits supplémentaires n’ont jamais été tenues et les annonces d’Olivier Véran sur l’ouverture de 14 500 lits de réanimation en mars 2020 sont restées lettre morte.

Il faut refonder complètement notre système de santé avec notamment :

– Débureaucratiser les hôpitaux en limitant à 15% les postes administratifs, en associant les soignants à la gestion interne, en donnant aux chefs de pôle la liberté de gérer leur dépenses sous la supervision de la direction ; 

– Sortir de l’hospitalo-centrisme et décliner la politique de santé publique au niveau des régions en laissant à l’État le soin de fixer les grandes orientations stratégiques dans la santé. Ces réformes créeront des meilleures conditions de travail à l’hôpital. 

–  Revaloriser les métiers des soignants en augmentant les rémunérations des infirmiers de 300 euros mensuels pour arriver à la moyenne des salaires des pays de l’OCDE et payer les heures supplémentaires effectuées et non-récupérées à l’hôpital. ;

Retrouvez toutes nos propositions sur la santé : https://republicains.fr/wp-content/uploads/2021/06/2021-06-11-lR-convention-sante.pdf

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