Le Collectif Méditerranéen pour la Sauvegarde des Palmiers remercie Bernard Brochand pour toutes les actions qu’il a menées en faveur de la sauvegarde des palmiers

Article publié le 6 juin 2019 sur les sites internet de Collectif Méditerranéen pour la Sauvegarde des Palmiers (CMSP) et Propalmes83

Les parlementaires mobilisés pour la sauvegarde des palmiers

Avec le soutien de Bernard Brochand, Député, et Jacky Deromedi, Sénatrice, nous avons pu obtenir que la réunion de concertation que nous demandions dans notre lettre adressée au Ministre de l’Agriculture le 8 avril 2018, se tienne finalement le 11 février 2019 après une réunion préparatoire en octobre. Entre temps, l’Anses a remis son rapport à la DGAL sur les stratégies de lutte avec publication à la presse le 19 décembre 2018. Ce rapport considère une zone atlantique sur laquelle l’éradication du Charançon Rouge des Palmiers (CRP) doit être recherchée, et une zone méditerranéenne où l’éradication ne serait plus possible et sur laquelle les seules possibilités seraient de contenir le CRP ou de sauver certains palmiers « patrimoniaux ». Bien entendu, avec le CMSP nous considérons que cette proposition n’a aucun sens et qu’il est impossible d’éradiquer le charançon sur une zone, s’il ne l’est pas dans l’autre ! Seule la volonté d’éradiquer le charançon peut permettre de sauver les palmiers. Le risque est donc maintenant important que la DGAL s’appuie sur les conclusions du rapport de l’Anses pour établir les bases du futur arrêté de lutte qui devrait se substituer à celui du 21 juillet 2010, toujours en vigueur aujourd’hui 5 juin 2019. Le CMSP informe et sollicite les parlementaires pour qu’ils interviennent auprès du Ministre afin d’éviter ce que nous considérons comme une condamnation des palmiers..

Question écrite au gouvernement de la Sénatrice Jacky Deromedi

Le 27 décembre 2018 – Madame la sénatrice Jacky Deromédi adresse une question écrite au gouvernement ( QE n° 08316 publiée au JO du Sénat le 27 décembre 2018 ) concernant les dispositions à prendre pour organiser la lutte collective contre le charançon rouge du palmier.
Cette question écrite n’a toujours pas reçue de réponse à ce jour si ce n’est la date de remise du rapport de l’Anses.

Lettre au Ministre du Député Bernard Brochand

Le 16 janvier 2019, le député Bernard Brochand écrit au Ministre :

Extrait : « ..Je souhaite toutefois insister sur l’urgence de la situation. En effet, toutes les dispositions doivent être impérativement mises en oeuvre avec les collectivités et les associations directement impliquées dans cette lutte pour définir une législation permettant de généraliser, très rapidement, une stratégie collective visant à stopper l’hécatombe et sauver les palmiers qui subsistent encore aujourd’hui sur le littoral méditerranéen et empêcher la propagation du charançon rouge sur l’ensemble du territoire. »

Proposition de loi et proposition de résolution déposées par Bernard Brochand

Le 6 février 2019 enregistrée à la présidence de l’Assemblée nationale sous le n°1640, Bernard Brochand dépose une proposition de loi « tendant à octroyer aux contribuables un crédit d’impôt pour le traitement des palmiers visant à lutter contre la prolifération du charançon rouge du palmier. »

Egalement le 6 février 2019, enregistrée à la présidence de l’Assemblée nationale sous le n°1667, Bernard Brochand dépose une proposition de résolution « tendant à la création d’une commission d’enquête sur la situation concernant la disparition des palmiers sur le bassin méditerranéen. » Cette proposition de résolution devrait permettre de faire une évaluation économique des pertes et du patrimoine végétal qui reste encore à sauver.

Extrait : « Une enquête serait donc nécessaire pour connaître le nombre de palmiers présents avant l’arrivée du CRP, et ce chaque année depuis 2006 pour chiffrer de façon exacte la quantité de palmiers perdus et prendre toute la mesure de la progression de l’infestation. Il serait également intéressant de connaître le type de traitement préventif ou curatif utilisé ainsi que la quantité de palmiers traités entraînant des résultats positifs ou négatifs. Enfin, il serait opportun de connaître le montant exact des coûts concernant la lutte contre la progression du charançon rouge qui inclut aussi les mesures d’abattage, les travaux de dessouchage, les travaux de remise en état et les replantations, suivant les cas. »

Il est pour le moins paradoxal que dans son rapport « multicritères » très académique, les experts du groupe de travail de l’Anses n’aient jamais pris en compte les conséquences financières de la perte d’un palmier pour les propriétaires, sans parler de l’impact à terme, sur l’économie touristique de la région, dont l’évaluation serait plus difficile. La balance économique sur laquelle ils tirent leurs conclusions se trouve de ce fait totalement déséquilibrée et cela explique en grande partie, la raison pour laquelle leurs conclusions sont diamétralement opposées à celles des experts, spécialistes de la lutte contre le charançon rouge du palmier, réunis par la FAO à Rome en mars 2017. Ainsi, lors de la réunion du 31 janvier 2018, le Directeur du pôle E3D de la Cavem estimait que le financement du projet Arecap était très largement compensé par les économies réalisées sur les dépenses de traitement et d’abattages des seuls palmiers publics alors qu’il faudrait considérer également les économies réalisées par les propriétaires privés dont les palmiers traités dans le cadre d’Arecap étaient 5 fois plus nombreux , et surtout la valeur du patrimoine important qui avait été ainsi préservé ! Des notions qui ne sont pas même abordées dans le rapport de l’Anses dont les experts n’avaient sans doute ni les moyens ni le temps pour le faire mais auraient dû reconnaître dans ce cas qu’il n’étaient pas en mesure de déposer des conclusions.

Cette proposition de résolution nous apparaît donc comme essentielle pour que les décideurs puissent disposer enfin d’informations qui s’approchent de la vérité du terrain et pas seulement, comme c’est le cas aujourd’hui, des seuls chiffres « officiels » résultant des déclarations volontaires recensées par le Sral et dont tous les professionnels du secteur estiment qu’ils représentent moins de 20 % des cas. D’ailleurs, les experts de l’Anses eux-mêmes posent la question de la validité de ces chiffres.

Réunion nationale de concertation organisée par la DGAL

Le 11 février, la DGAL organise la réunion nationale de concertation qui regroupe les différents acteurs concernés. L’objectif pour la DGAL est de faire ressortir les points consensuels qui pourraient servir de socle au nouvel arrêté de lutte substitutif à celui du 21 juillet 2010. Il est admis que la lutte contre le charançon doit être poursuivie, qu’une stratégie différente sur les zones atlantique et méditerranéenne ne serait pas pertinente, que seule une lutte collective de masse peut permettre d’obtenir une baisse significative de la population des charançons mais qu’une telle lutte doit-être organisée et coordonnée, la possibilité de constitution d’un réseau sanitaire envisagé, reste à évaluer, enfin qu’il était également nécessaire de prendre les dispositions de lutte contre le papillon Paysandisia archon, qu’une AMM provisoire serait nécessaire pour le piégeage et de toute urgence pour des insecticides de substitution à l’imidaclopride, interdite depuis le 1er septembre 2018.

Après consultation sur un projet qui a suscité de nombreuses remarques et inquiétudes, nous attendons la publication du nouvel arrêté avant la fin juin, qui nous l’espérons et grâce aux interventions des parlementaires devrait maintenir la lutte obligatoire contre le CRP en préventif et curatif et ouvrir la voie pour une généralisation des luttes collectives dans les zones contaminées, mais…le ministère de l’Agriculture aura t’il la volonté politique d’arrêter l’hécatombe des palmiers du bassin méditerranéen en prenant les dispositions qui permettraient enfin d’éradiquer le CRP ?

Daniel Chabernaud – Vice-Président CMSP et Propalmes 83