La violence tue la France, sauvons-là !

La violence est aujourd’hui au cœur même du malaise qui touche notre pays. Tel un poison qui s’insinue et se propage, elle n’est plus seulement nationale mais est devenue un phénomène mondial.

Comment expliquer une telle dégradation de nos sociétés ? Il est vrai que chaque crise engendre son lot de violences mais celle-ci atteint des sommets jusqu’alors inégalés. La première puissance mondiale, modèle de démocratie a vu peu après l’élection du nouveau Président Joe Biden, l’un de ses symboles, le Capitole envahi par la cohue nationale, nous faisant assister à un spectacle des plus choquants.

L’Histoire nous a prouvé qu’à chaque crise, quelle qu’elle soit, la violence augmentait en rapport avec celle-ci. La période dans laquelle nous vivons n’y est pas étrangère mais elle ne devrait pas pour autant pousser les individus à se détruire.

Jean-Paul Sartre disait : “La violence se donne toujours pour une contre-violence, c’est-à-dire pour une riposte à la violence de l’autre.” Or, toute forme de violence doit être combattue !

Il n’est pas de jours sans qu’elle ne soit au centre de notre actualité : violences familiales, maltraitance faite aux femmes, aux enfants, aux forces de l’ordre, aux membres de l’autorité, violence scolaire, au travail, politique, psychologique, violences collectives…

Les raisons de ces crises sont multiples : crise économique, crise sanitaire, mais pas seulement. De multiples facteurs (individuels, relationnels et familiaux, communautaires, sociaux) ont créé ce climat à la fois insurrectionnel et de brutalité.

Il est vrai qu’aujourd’hui, Internet et les réseaux sociaux sont des outils indispensables dans notre société moderne mais ceux-ci ont longtemps toléré des comportements répréhensibles sous couvert de liberté d’expression. Il est plus aisé aujourd’hui de déverser sa colère, sa rage et sa frustration sur des plateformes numériques en se réfugiant derrière l’anonymat d’un écran. Le manque de courtoisie et de respect y est quotidien.

La liberté d’expression ne doit pas servir à répandre la vulgarité, la malveillance. Ce principe fondamental est pourtant encadré. Nul ne peut se prévaloir de cette liberté si la parole invoquée est une injure, une diffamation, une provocation aux crimes et délits, un outrage, du négationnisme, de l’apologie du terrorisme…

Ces modes de communication n’ont pas apporté que de bonnes choses, le harcèlement scolaire a ainsi pris une nouvelle ampleur. Loin de s’arrêter aux portes de l’établissement scolaire, il intervient partout et n’importe quand via ces nouvelles technologies. 700 000 enfants en sont victimes en France. Malgré les dispositifs mis en place pour lutter contre ce fléau, le harcèlement est toujours aussi présent. Le 14 mai dernier, après des « échanges véhéments » sur les réseaux sociaux et en particulier sur Snapchat, un adolescent de 14 ans a poignardé dans le thorax une jeune fille de 17 ans, à Ivry-sur-Seine.

Que dire du comportement de certains de nos jeunes qui s’attaquent sauvagement entre eux, qu’il s’agisse de conflits entre bandes rivales ou non. Accepter un déchainement pareil ne peut être toléré. Ces évènements tragiques ne doivent plus se reproduire.

Comment en sommes-nous arrivés là ? Nos enfants ne savent plus distinguer les frontières de la violence.

Les violences familiales, envers les femmes et les enfants se multiplient. Le Président a fait de la cause des femmes son cheval de bataille en 2017, pourtant, malgré des textes venant réprimer de tels faits, ces violences ne cessent pas et continuent d’alimenter régulièrement les faits divers. Nous assistons impuissants à de nouvelles affaires de féminicide. Le 25 mai, une jeune femme de 22 ans a été poignardée à mort par son compagnon qui avait pourtant été déclaré dangereux et qui malgré le port d’un bracelet électronique a réussi à commettre ce crime affreux !

Sans oublier, la violence vis-à-vis de nos forces de l’ordre, de nos pompiers, de nos responsables politiques, de nos élus locaux. Chaque semaine, un fait de violence extrême est relaté dans nos journaux : à Avignon, le 5 mai dernier où un jeune policier a été tué par balles lors du contrôle d’un point de deal de stupéfiants ; à Rambouillet le 23 avril où une fonctionnaire de police a été froidement assassinée par un terroriste ou encore ce week-end avec une policière attaquée à La Chapelle-Sur-Erdre. Ces cas ne sont pas isolés et se répètent inlassablement.

Les fonctions électorales, symbole même de notre démocratie, ne sont plus respectées. Ces individus, qui s’investissent au quotidien et dont le courage et l’abnégation ne sont plus à démontrer, sont attaqués dans leur chair.

Cette mise à mal de nos principes républicains fondamentaux doit être un signal d’alarme pour tous. Il nous faut prendre conscience de ce mal-être mais surtout ne pas le sous-estimer. Eschyle nous prévenait déjà en son temps : « La violence engendre la violence ». Si aucune réponse n’est apportée à ces évènements, la violence ne cessera pas mais au contraire se propagera davantage. Les réponses doivent être fermes. La brutalité, quelle qu’elle soit, doit être proscrite.

Les pouvoirs publics doivent agir au plus vite pour lutter contre cette gangrène qui attaque le cœur même de notre pays et terrorise une partie de la population. Le Beauvau de la Sécurité commence aujourd’hui, le 27 mai mais nous pouvons craindre que, comme à l’accoutumée, il ne ressorte pas grand-chose de ces discussions stériles. Les réponses doivent être claires et rapides. La justice ne peut plus se permettre de réagir avec lenteur. Les propositions engagées par le Gouvernement dans le cadre du Projet de loi pour la confiance en la justice amènent déjà leurs lots de déceptions : les forces de l’ordre soulignent un certain nombre de points négatifs notamment sur les perquisitions et pour lesquelles il est prévu que l’avocat puisse y assister. Cela ne va absolument pas dans le sens d’une accélération des procédures mais d’un nouvel alourdissement de celles-ci.

Les réponses aux dérives, à la violence sont évidemment de renforcer notre police et gendarmerie en leur donnant les moyens d’intervenir, d’améliorer le fonctionnement et la rapidité de notre justice et enfin de faire que chaque personne ayant été reconnue coupable exécute la peine qu’elle mérite, de manière systématique. Il nous faut également réviser l’ordonnance de 1945 afin d’adapter la législation sur la délinquance des jeunes et d’abaisser l’âge de la majorité pénale. Éric Ciotti avait déposé le 7 novembre 2018 une proposition de loi relative à la lutte contre la délinquance des mineurs, à laquelle je me suis associée, qui jusqu’à aujourd’hui est restée lettre morte.

Sans oublier de construire de nouvelles prisons pour soulager les anciennes et augmenter la capacité carcérale. Ces réponses doivent être apportées rapidement pour lutter contre ce fléau.

Pour autant, la police et la justice ne sont pas les seuls domaines où cela doit évoluer. Les parents et l’école doivent être mis à contribution. C’est par des projets éducatifs que nous pourrons également avoir du résultat : éducation intellectuelle, sociale, spirituelle, physique et même artistique.

Tous les acteurs de l’éducation doivent se liguer contre toute forme de violence et éduquer les plus jeunes à ce qui est bon ou non. Bien évidemment, les parents doivent être associés à ces démarches, qu’ils soient dépassés par cette jeunesse en difficulté ou conscients des comportements répréhensibles de leurs enfants. Cela n’est plus possible, la jeunesse en perdition d’aujourd’hui sera la délinquance de demain. Nous devons agir vite et changer les choses.

C’est par notre collectif que nous serons à même de réussir ce pari sur l’avenir.

La violence tue la France, donnons-nous les moyens de la sauver !

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