La réforme de l’assurance chômage

Suspendue en raison de la crise du Covid-19, la réforme de l’assurance chômage se précise avec la parution le 1er octobre du décret en instaurant une nouvelle méthode de calcul du salaire journalier de référence (SJR), qui sert de base à l’estimation de l’allocation chômage. La CGT, FO, la CFDT, la CFE-CGC et la CFTC ont fait savoir qu’ils allaient déposer un recours contre ce nouveau texte devant le Conseil d’État, alors qu’une manifestation est organisée mardi 5 octobre pour la défense des salaires et des emplois, et contre les réformes des retraites et de l’assurance chômage.

Jusqu’à 1,15 million de personnes ouvrant des droits dans l’année suivant l’entrée en vigueur de la réforme, soit entre le 1er octobre 2021 et 2022, toucheront une allocation mensuelle plus faible de 17% en moyenne par rapport aux règles actuelles. En revanche, l’indemnisation sera plus longue et courra sur quatorze mois en moyenne contre onze auparavant.

Le reste de la réforme, à savoir le durcissement des règles sur la dégressivité des allocations et sur la durée d’affiliation nécessaire pour ouvrir ou recharger un droit, devrait entrer en vigueur au 1er décembre.

Si la réforme de l’assurance chômage permet de dégager des économies, celle-ci passe à côté de l’essentiel : la dégressivité des allocations n’est imposée qu’aux seuls hauts revenus, les allocations sont réduites pour tous les nouveaux demandeurs d’emploi (- 17% en moyenne) et la durée d’indemnisation sera plus longue (passant de 11 à 14 mois d’indemnisation en moyenne).

Nous proposons au contraire de maintenir le niveau des allocations, de mettre en place la dégressivité pour tous les demandeurs d’emploi à partir de 6 mois et de limiter la durée d’indemnisation sur le modèle de tous les pays européens qui ont réussi la réforme de l’assurance chômage (Danemark, Pays-Bas…). La différence entre les revenus de l’assistanat et ceux du travail doit être toujours significative.

Nous proposons également de sanctionner systématiquement ceux qui abusent de l’assurance chômage en refusant de chercher un emploi comme fait l’Allemagne où près d’un million de sanctions sont prononcées tous les ans, alors que le chômage y est beaucoup plus faible.