Photo de Bernard Brochand, député des Alpes-Maritimes et à l'Assemblée Nationale

La crise sanitaire ne doit pas cacher l’urgence sécuritaire

Notre pays et le monde traversent une phase destructrice en matière de violence. Non seulement l’être humain semble avoir perdu toute conscience mais également toute morale. Les atteintes aux biens mais également aux personnes ont augmenté de façon exponentielle ces dernières années. Les faits divers se succèdent et offrent un spectacle des plus effrayants : violence envers les femmes et enfants, chauffeur de bus tué, règlement de compte à l’arme de guerre, agressions de policiers, gendarmes, pompiers, personnels soignants, maires….

S’il est vrai que la nature profonde de l’Être est le fait qu’il soit traversé et animé par des conflits intérieurs, il n’en reste pas moins vrai qu’il possède une âme, un sens moral qui devrait le guider dans ses choix pour ne pas brutaliser son prochain.

En ma qualité de Doyen des Députés, je ne peux que déplorer une telle situation. J’ai conscience que la crise s’est installée dans notre quotidien, mais rien ni personne ne mérite de se voir agressé ou pire. Chacun d’entre nous a dû faire face un jour à l’agressivité de certains individus mais il ne nous appartient pas le droit de nous abaisser à ces comportements.

Lorsque j’apprends qu’une nouvelle exaction a eu lieu dans ma circonscription ou dans le reste de la France, je ne peux qu’être horrifié du sort de ces personnes victimes de la violence.

Les pouvoirs publics doivent agir au plus vite pour lutter contre cette gangrène qui attaque le cœur même de notre pays et terrorise une partie de la population.

Les réponses à ces dérives sont évidemment de renforcer notre police et gendarmerie en leur donnant les moyens d’intervenir, d’améliorer le fonctionnement et la rapidité de notre justice et enfin de faire que chaque personne ayant été reconnue coupable exécute la peine qu’elle mérite, de manière systématique. Il nous faut également construire de nouvelles prisons pour soulager les anciennes et augmenter la capacité carcérale. Peut-être nous faudra-t-il également envisager la multiplication des bracelets électroniques pour les auteurs de petits délits. Ces réponses doivent être apportées rapidement pour lutter contre ce fléau.

Pour autant, la police et la justice ne sont pas les seuls domaines où cela doit évoluer. Les parents et l’école doivent être mis à contribution. C’est par des projets éducatifs que nous pourrons également avoir du résultat : éducation intellectuelle, sociale, spirituelle, physique et même artistique.

En cette période de rentrée scolaire, tous les acteurs de l’éducation doivent se liguer contre toute forme de violence et éduquer les plus jeunes à ce qui est bon ou non. Bien évidemment, les parents doivent être associés à ces démarches. Trop souvent, ces derniers sont dépassés ou à l’inverse, conscients des comportements répréhensibles de leurs enfants. Cela n’est plus possible, la jeunesse en perdition d’aujourd’hui sera la délinquance de demain. Nous devons agir vite et changer les choses.

C’est par notre collectif que nous serons à même de réussir ce pari sur l’avenir.