La campagne vaccinale de la France est toujours à la traîne

Derniers chiffres  

Le dimanche 7 février, on comptait en France 19 715 nouveaux cas confirmés de Covid-19 ces dernières 24 heures. On compte 78 965 décès depuis le début de l’épidémie (+ 171 en 24 heures).  

La France est le 22è pays au monde le plus touché par l’épidémie avec une mortalité de 1 171 décès par million d’habitants (alors que l’Allemagne est le43e pays avec 741 décès par million d’habitants).  

En nombre de premières doses injectées ramené à la population, la France est encore le 21e pays de l’Union européenne sur 27. En nombre de personnes vaccinées (ayant reçu les deux doses) ramené à la population, la France est l’avant-dernier pays de l’Union européenne.

  En nombre absolu de doses de vaccin administrés, le Royaume-Uni en compte aujourd’hui 12,5 millions, Israël 5,6 millions, l’Allemagne 3,3 millions, l’Italie 2,6 millions et la France 2,1 million (la France a actuellement près d’un million de doses de vaccin non utilisées ; nous sommes l’un des seuls pays d’Europe où la vaccination ralentit massivement le weekend). Israël + le Royaume-Uni ont plus vacciné que toute l’Union européenne.  

Au rythme de vaccination des 7 derniers jours, la France ne vaccinerait toute sa population adulte qu’en 2026.

Au retard européen dans la commande de vaccins (lancée en novembre 2020, alors que le Royaume-Uni en avait commandés des millions dès le mois de juillet) s’ajoute une faillite logistique bien française. Nous avons encore près d’un million de doses de vaccin qui dorment dans leurs super-congélateurs. Lors de la grippe A en 2009-2010, on avait beaucoup reproché au gouvernement d’avoir commandé trop de masques et trop de vaccins. La logistique permettait lors de vacciner jusqu’à 1,5 millions de personnes par semaine, soit 6 millions de personnes par mois (finalement seuls 5,35 millions se firent vaccinées car l’épidémie fut moins grave que prévu).  

Philippe Juvin appelle depuis plusieurs semaines à négocier l’achat de la licence des vaccins pour monter en France des chaînes de production en urgence. Il propose aussi d’autoriser plus vite les autres vaccins en s’alignant sur les décisions des agences britannique ou canadienne.

Des objectifs de vaccination revus à la baisse : le gouvernement a annoncé jeudi 28 janvier qu’il revoyait à la baisse l’objectif de vaccinations en février, lié à une “baisse des approvisionnements”, avec seulement un million de personnes qui recevront une première injection de vaccin (après plus de 1,4 million en janvier), soit un total d’environ 2,5 millions fin février. Cette prévision de vaccination est très inférieure au chiffre de 4 millions de personnes vaccinées fin février évoqué par le ministre de la Santé jeudi 21 janvier.  

Jeudi 28 janvier, plusieurs ARS (notamment en Ile-de-France, Hauts-de-France et Bourgogne-Franche-Comté) ont annoncé le report de rendez-vous de vaccins, faute de stock pour assurer l’intégralité des deuxièmes injections.

Faute de soutien du gouvernement français, une entreprise française pourrait fournir en priorité le Royaume-Uni : le gouvernement britannique a acheté pour 2022 près de 100 millions de doses du candidat vaccin de l’entreprise française de biotech Valneva (dont le siège social est à Nantes). Les Britanniques ont offert un large soutien à Valneva dès qu’ils ont eu vent du projet de vaccin. Pour rappel, le vaccin Sanofi a pris un retard considérable, et le projet Merck-MSD – Institut Pasteur a été un échec. 

La position des Républicains est claire.

La campagne vaccinale de la France est toujours à la traîne. Soyons lucides sur l’ampleur du défi à relever dans les semaines qui viennent : nous sommes le dernier pays de l’Union européenne en nombre de personnes vaccinées (ayant reçu les deux doses), sans parler du Royaume-Uni ou d’Israël où les premiers effets de la vaccination massive sont déjà tangibles (baisse des contaminations plus rapide chez les personnes âgées).

Olivier Véran avait déclaré que la vaccination n’est « pas une course contre la montre » (Le Parisien, 28 novembre 2020). Nous sommes pourtant bien dans une course contre la montre face au risque de regain épidémique, notamment posé par les variantes du virus. Tout doit être fait pour que travaillent de concert l’Etat et les élus locaux, qui sont proches de leur population, les connaissent et peuvent mettre en œuvre et adapter la campagne de vaccination aux enjeux territoriaux.

Le confinement est toujours un constat d’échec et une solution de dernier recours. Si le gouvernement n’avait plus d’autre choix que de reconfiner, alors il devra des explications aux Français. Il devra surtout leur démontrer que tout est mis en œuvre pour qu’il ne soit pas à nouveau contraint de recourir au confinement quelques semaines plus tard : renforcement des capacités hospitalières avec déploiement d’hôpitaux éphémères, déploiement de tests massifs (notamment salivaires), véritable contrôle des frontières avec dépistage et isolement obligatoire pour ceux qui débarquent sur notre sol et surtout forte accélération de la vaccination avec l’appui des collectivités locales et de l’armée.

Les collectivités territoriales n’ont pas cessé depuis le début de cette crise de tendre la main au gouvernement pour éradiquer cette épidémie. Avec les Républicains, nous avons souvent eu une longueur d’avance sur le gouvernement, qui a refusé de nous écouter : 

– Sur les frontières : dès le 24 février 2020, Eric Ciotti demandait dans un courrier au Premier ministre de fermer les frontières. Le code Schengen est formel : « en cas de menace grave pour l’ordre public et la sécurité intérieure, les pays concernés peuvent exceptionnellement réintroduire le contrôle à leurs frontières intérieures. » Cette mesure peut être prise pour une période de 30 jours au maximum, éventuellement renouvelable, pour une durée totale n’excédant pas six mois ou deux ans dans certains cas spécifiques. Le gouvernement a toute latitude pour agir, sans créer la psychose. Le président de la République et le gouvernement ont donc mis un an pour se rendre compte que le virus avait un passeport, le passeport des personnes infectées.

– Sur les masques : les régions et les communes ont fourni des masques alors que le gouvernement soutenait qu’ils étaient « inutiles » (Olivier Véran, le 23 février), voire « contre-productifs » (Sibeth Ndiaye le 20 mars). Pendant ce temps, la région Auvergne-Rhône-Alpes lançait dès avril 2020 une campagne de production et de distribution de masques pour une première distribution le 4 mai. 

– Sur les tests : les régions ont lancé des campagnes de dépistage massif. Laurent Wauquiez a annoncé le 17 novembre une campagne de dépistage massif en Auvergne-Rhône-Alpes avant Noël (10% de la population y a été testée en une semaine, 5% de cas positifs ont été trouvés dans les lycées). Olivier Véran critiquait alors un effet d’annonce.

Nous, Républicains sommes force de proposition:

RENFORCER EN URGENCE DE NOS CAPACITÉS HOSPITALIÈRES

– Ouvrir en urgence des hôpitaux éphémères, comme cela a été fait en Israël ou au Royaume-Uni.

– Mobiliser les étudiants en médecine, les médecins retraités et le service de santé des armées.

– Créer un corps d’auxiliaires de santé qui après une formation de trois semaines pourrait soutenir le personnel soignant dans les tâches non-spécialisées (brancarder, nourrir ou tenir compagnie) et former des aides-soignantes et des infirmières pour seconder les médecins et les internes.

ACCÉLÉRER LA CAMPAGNE DE TESTS ET ISOLER LES PERSONNES INFECTÉES

– Déployer massivement les tests antigéniques, notamment dans les écoles et dans les aéroports.

– Autoriser les auto-tests et les tests salivaires comme aux États-Unis.

– Isoler réellement les personnes infectées.

– Contrôler les frontières y compris avec les États membres de l’Union européenne (test et isolement obligatoires). Dépister régulièrement le personnel soignant et les enseignants et contrôler la température des élèves à l’entrée des établissements.

METTRE EN PLACE UNE VRAIE STRATÉGIE DE VACCINATION

– Négocier l’achat des licences des vaccins pour en produire massivement sur notre sol.

– Autoriser plus vite les autres vaccins efficaces en s’alignant sur les décisions des agences britannique, américaine ou canadienne.

– Décentraliser la mise en œuvre de la stratégie vaccinale en lien étroit avec les collectivités territoriales, en particulier avec les mairies, afin d’ouvrir des centres de vaccination dans tout le territoire.

– Mobiliser l’armée pour le déploiement logistique de la campagne de vaccination.

– Permettre à tous les professionnels de santé d’administrer le vaccin (médecins, pharmaciens, infirmiers).

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