Photo de Bernard Brochand, député des Alpes-Maritimes et à l'Assemblée Nationale

Insécurité : Bernard Brochand saisit le Ministre de l’Intérieur

Monsieur le Ministre,

Je souhaite aujourd’hui vous interpeller sur un sujet dramatique qui touche l’ensemble de nos compatriotes et pour lequel nous constatons irrémédiablement monter une colère sourde, je veux parler de l’insécurité grandissante et quotidienne ressentie par tous les Français.

Je ne peux qu’approuver vos propos lorsque vous évoquez l’ensauvagement de notre pays et je vous remercie sincèrement d’avoir dressé un bilan malheureusement catastrophique mais ô combien réaliste des agressions de plus en plus violentes qui ont fait la « une » des chaines d’information ces derniers mois.

Bien évidemment, je ne reviendrai pas sur ce chauffeur de bus affreusement massacré à Bayonne, ni sur le destin tragique de cette jeune fille trainée sur des centaines de mètres alors qu’elle promenait son chien, ce multirécidiviste qui a violé et sauvagement assassiné cette jeune fille de quinze ans, sur toutes ces attaques gratuites et d’une extrême cruauté dont les Français, les pompiers, les forces de l’ordre sont chaque jour les victimes car vous les connaissez aussi. Je souhaite simplement être le porte parole du désarroi et de l’inquiétude de ces millions de nos compatriotes qui nous sollicitent au quotidien alors qu’ils nous ont accordé leur confiance et nous ont désignés pour les représenter, les soutenir, les écouter, mais surtout les protéger.

Le contexte est grave ! La Police et la Gendarmerie sont au bord de la rupture. Le manque d’effectifs et le poids de la hiérarchie conduisent nos forces de l’ordre à des gestes ultimes et désespérés. Alors qu’elles remplissent avec compétence et dévouement leurs missions de maintien de l’ordre, de très nombreuses autres tâches leurs sont confiées en ces temps de crise sanitaire, alourdissant leur quotidien.

Or, cette situation, outre le fait qu’elle ne permet pas aux forces de l’ordre de remplir de manière satisfaisante l’ensemble de ses missions, cause un grave préjudice à nos concitoyens qui sont en droit d’attendre attention et réactivité de la part des services de l’État.

Je veux prendre pour exemple les communes de Cannes et de Mandelieu la Napoule sur ma circonscription qui réclament depuis plusieurs mois des renforts de police alors que ces communes ont connu, cet été, une explosion inouïe des actes de violence et des trafics en tout genre.

Sans parler de la ville de Vallauris – Golfe Juan qui, avec une population de 26600 habitants, ne possède pas de commissariat de police nationale. En effet, seuls sept gardiens de la paix de la commune d’Antibes sont susceptibles d’intervenir sur ce vaste territoire communal et leurs missions principales, du lundi au vendredi, restent dédiées à la prise de plaintes ou de mains courantes. Une véritable aberration ! Un commissariat de police nationale de plein exercice doit être ouvert dans les plus brefs délais sur cette commune.

Ce sont donc les maires et les élus locaux qui sont contraints de compenser le désarmement régalien de l’Etat en multipliant les policiers municipaux armés et les caméras de vidéoprotection.

Alors s’il est vrai que j’ai pu apprécier vos déclarations sur l’ensauvagement de la France, je vous demande aujourd’hui d’apporter des réponses concrètes à cette faillite régalienne et ce laxisme pénal que nous subissons depuis plusieurs années et que vous avez également combattu avec véhémence lorsque Madame Christiane Taubira était Garde des Sceaux.

Les français attendent des actes et ils espéraient des mesures claires et fortes du « séminaire sur la sécurité » que vous avez tenu le 9 septembre dernier. Mais, encore une fois, aucune réponse ne leur a été apportée.

« Si tu veux connaître quelqu’un, n’écoute pas ce qu’il dit, mais regarde ce qu’il fait » a dit le Dalaï Lama. Or, à ce jour, le peuple de France ne vous connaît qu’à travers vos déclarations publiques, vos petites phrases sur les réseaux sociaux, vos comptes-rendus de séminaires, vos joutes verbales entre ministres. Or, ce qu’il réclame, ce sont des faits, des décisions, des actes concrets, des solutions.

Comme le martelait le Général de Gaulle « être inerte, c’est être battu » ! Alors agissez ! Nous devons remporter cette guerre contre la délinquance et la violence, cette criminalité organisée qui gangrène notre pays à travers des actions concrètes et rapides à mettre en œuvre : instaurer des peines-plancher exemplaires pour les récidivistes, pour ceux qui s’en prennent aux forces de l’ordre, aux élus, aux pompiers, créer des places de prisons, supprimer les réductions de peine, expulser les criminels étrangers, durcir la justice des mineurs, généraliser les bracelets électroniques de nouvelle génération.

 « L’histoire nous enseigne qu’une civilisation, pour garder la maîtrise de son destin, doit se donner les moyens de sa sécurité » a dit Jacques Chirac. Cependant aujourd’hui la France ne possède plus les moyens de garantir la sécurité de ses compatriotes. En conséquence, la maîtrise de son destin lui échappe un peu plus chaque jour !  

Les Français attendent donc de vous que vous réagissiez rapidement et fermement.  

En vous remerciant par avance de l’attention particulière que vous pourrez apporter à mon courrier, je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, en l’expression de mes sentiments les meilleurs.