Examen du dernier budget de la sécu du quinquennat

L’Assemblée nationale entame mercredi l’examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2022, dernier budget de la sécurité sociale du quinquennat.

  • Le déficit est attendu à 21,6 milliards d’euros en 2022, après les records de 2021 (-34,6 milliards) et 2020 (-38,7 milliards).
  • Le poids du Covid dans le budget de la Sécu représenté un surcoût de 14,8 milliards d’euros en 2021, et de moins de 4,9 milliards pour l’année prochaine avec 1,6 milliards pour les tests et 3,3 pour la vaccination.
  • Le PLFSS intègre les mesures issues du Ségur : 12,5 milliards d’euros (2 milliards de revalorisation des salaires des métiers de la santé et du médico-social et 10 milliards d’investissements pour l’hôpital) dont 2,7 milliards d’euros de dépenses nouvelles pour 2022. Une enveloppe de 41 millions est notamment prévue pour revaloriser les salaires des sage-femmes.
  • Nouvelles dépenses inscrites au budget suite aux multiples annonces électoralistes du gouvernement :
    • 400 millions d’euros pour la dépendance pour permettre la création de 10 000 postes supplémentaires de soignants en Ehpad d’ici à 2025 et financer la mise en place d’un salaire horaire plancher de 22 euros pour les aides à domicile ;
    • 1,2 milliard de plus pour le remboursement des médicaments ;
    • 21 millions pour la contraception féminine gratuite jusqu’à 25 ans dès le 1er janvier 2022 pour un budget de pour 3 millions de femmes concernées ;
    • 50 millions d’euros pour le remboursement de 8 consultations de psychologie pour des patients de plus de 3 ans à un tarif de 40 euros la premières et 30 euros les suivantes.

Si le déficit de la Sécurité sociale sera moins lourd que prévu cette année, c’est seulement à cause de l’estimation de croissance de +6% cette année et +4% l’année prochaine. Le déficit reste toutefois abyssal : 21 milliards d’euros à combler chaque année à cause du déséquilibre structurel des branches – et sans compter sur les besoins de la dépendance estimés à 10 milliards d’euros par an d’ici à 2030. Cela signifie une chose : faire de la dette encore et toujours car les nouvelles dépenses ne sont pas financées.

Ce projet de loi témoigne une fois encore de l’incapacité d’Emmanuel Macron à mener de véritables réformes structurelles. La réforme du Grand âge et de l’autonomie – tout comme la réforme des retraites, ne verra ainsi pas le jour, malgré plusieurs rapports très médiatisés sur la dépendance (rapport Libault, rapport Fiat-Iborra, mission El Khomri sur l’attractivité des métiers) et la nomination d’une ministre déléguée à l’autonomie. Cette loi promise depuis maintenant trois ans ne sera jamais présentée par ce gouvernement qui n’a eu de cesse de reporter l’urgence de réformer notre pays. Ce n’est pas avec 10 000 soignants supplémentaires pour 7 500 Ehpad, représentant un tiers temps supplémentaire par an par établissement, qu’un accompagnement digne sera assuré aux personnes âgées en perte d’autonomie.

Pour retrouver l’ensemble de nos propositions sur les seniors : https://republicains.fr/wp-content/uploads/2021/05/2021-05-20-lR-convention-senior.pdf