Escalade de violences en Guadeloupe

Une grève générale illimitée lancée il y a cinq jours par un collectif d’organisations syndicales et citoyennes contre le passe sanitaire et l’obligation vaccinale des soignants contre le Covid-19 se double désormais de violences commises par des émeutiers.

Des magasins alimentaires et des pharmacies ont été pillées, des barrages routiers ont été érigés devant des établissements scolaires et devant le CHU de Guadeloupe, les écoles sont restées fermées vendredi.

Dans la nuit de vendredi à samedi, alors qu’un couvre-feu avait été instauré entre 18h et 5h par le préfet, un policier a reçu une pierre au visage, plusieurs véhicules des forces de l’ordre ont été dégradés, des tirs à balles réelles sur un véhicule de police et des gendarmes mobiles sont à déplorer. 37 interpellations ont été effectuées.

Alors que la contestation risque de gagner la Martinique voisine, le gouvernement a annoncé envoyer 200 renforts de policiers et gendarmes de métropole, notamment 50 membres du GIGN et du Raid, en soutien sur l’île.

La situation sanitaire a creusé les inégalités entre les territoires et a eu de graves impacts en Guadeloupe où l’accès à l’eau courante, aux carburants et aux transports a été réduit.

Ces difficultés s’ajoutent à un sentiment d’abandon des territoires d’Outre-Mer où le taux de chômage y est trois fois plus important qu’en métropole (23% en 2019) et où l’accès aux services publics, à des soins de qualité ou à la justice y est souvent plus difficile qu’en métropole.

Niant ce malaise social et économique, ce n’est qu’après une semaine de désordre que le gouvernement est intervenu, ne prenant pas la mesure des émeutes.

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