ERIC WOERTH S’INTERROGE SUR L’AMÉLIORATION DES COMPTES DE LA SÉCURITÉ SOCIALE

Paris, le 6 juin 2018

Communiqué de presse

L’amélioration des comptes de la sécurité sociale : l’arbre qui cache la forêt de la dépense sociale

En 2018, les comptes de la sécurité sociale devraient enfin être à l’équilibre avec un déficit du régime général (FSV inclus) réduit à 300 millions d’euros. Bien loin des 2,2 Md€ de déficit initialement prévus.
Mais pour comprendre cette soudaine amélioration, ce n’est pas du côté de la maitrise des dépenses qu’il faut regarder mais de celui de la croissance. La fin du « trou de la sécu » en 2018, c’est avant tout l’arbre qui cache la forêt de la dépense sociale ! Les recettes sociales sont plus fortes que les dépenses, ce qui masque le manque d’effort structurel réalisé par le gouvernement Car avec 2,2% de croissance du PIB en 2017, les comptes sociaux s’améliorent de manière quasi mécanique, étant très réactifs à la croissance économique. Plus le nombre d’actifs augmente, plus les cotisations sociales affluent. Et moins de chômage, par principe, c’est aussi moins de prestations versées.
La progression de la masse salariale du secteur privé est bien meilleure que prévue, avec 3,5% en 2017 et près de 4% attendus en 2018. En conséquence, les recettes explosent : si la masse salariale augmente de seulement 1%, c’est 2,3 Md€ de recettes en plus dans les comptes du régime général.
Une aubaine pour le déficit de la sécurité sociale.
Les comptes sociaux s’améliorent certes, mais la dépense sociale n’est toujours pas maitrisée : les prestations sociales ont progressé de 2,5% en 2017, contre 0,4% en 2016. Avec en tête de celles – ci, les prestations maladie qui composent à elles seules la moitié de la croissance des dépenses.
Avec près de 650 milliards d’euros, l’ensemble des prestations publiques de protection sociale représentent près d’un tiers du PIB de la France et la moitié de la dépense publique. Et au lieu de profiter d’une situation économique exceptionnelle, le gouvernement s’est lancé dans un débat
cacophonique, en étant peu explicite sur les réformes de fonds.
Eric Woerth
Président de la commission des finances