Emmanuel Macron présente son plan de lutte contre le séparatisme

Ce vendredi 2 octobre, Emmanuel Macron a présenté son plan de lutte contre le séparatisme lors d’un déplacement dans la commune des Mureaux, dans les Yvelines. Il était accompagné de plusieurs ministres parmi lesquels le ministre de l’Intérieur et le ministre de la Justice. 

Calendrier

●      Lancement d’une consultation sur le sujet avec les représentants religieux, élus, experts pour finaliser le projet de loi d’ici à la fin de l’année ;

●       Présentation en Conseil des ministres du texte de loi le 9 décembre prochain ; 

●       Débat au Parlement à partir de janvier 2021.

Le projet de loi comprendra cinq axes : 

●       Une extension de la neutralité du service public :

–        Possibilité de suspension par le préfet des arrêtés municipaux autorisant des menus confessionnels, ou des horaires différenciés dans les piscines ;

–        Obligation de neutralité étendue aux salariés des entreprises délégataires de services publics. 

●       Un renforcement du contrôle des associations : 

–         Renforcement des contrôles sur les associations et sur leur respect de nos principes ; 

–       Exigence de signature d’un contrat de respect des valeurs de la République et des exigences minimales de la vie en société pour que les associations puissent disposer de financements publics. En cas de non-respect de ce contrat, les aides allouées devront être remboursées. 

–       Extension des motifs de dissolution des associations : atteinte à la dignité de la personne, pressions psychologiques et physiques. 

●      L’école, « creuset de la République » : 

–        Instruction obligatoire à l’école à partir de 3 ans dès 2021 et limitation de l’instruction à domicile notamment aux problèmes de santé ; 

–        Suppression des ELCO (Enseignements de langue et de culture d’origine, qui permettent à 9 pays dont le Maroc, l’Algérie, la Tunisie et la Turquie d’organiser l’enseignement de leur langue nationale) remplacés en enseignement international EILE (Enseignements Internationaux de Langues Étrangères) avec un contrôle de l’Éducation nationale sur les enseignants et les enseignements ; 

–        Encadrement renforcé des écoles hors-contrat : contrôle accru sur le parcours des personnels de ces établissements, sur le programme pédagogique et sur l’origine des financements avec une possibilité pour les services de l’Éducation nationale de prononcer des fermetures administratives en cas de non-respect des exigences républicaines. 

●      La structuration de l’islam en France pour « construire un islam des Lumières » : 

–        Identifier les interlocuteurs représentants de cette religion dans chaque département ; 

–       Formation des imams et psalmodieurs en France : d’ici à 6 mois, le Conseil français du culte musulman créera une labellisation des formations d’imams, une certification des imams et une charte dont le non-respect entraînera une révocation des imams ;

–        Incitation des mosquées à sortir du modèle associatif prévu par la loi de 1901 pour entrer dans le régime prévu par la loi de 1905, afin de les rendre transparents et de contrôler les financements étrangers ; 

–       Soutien à hauteur de 10M€ à la Fondation de l’islam de France et développement des études islamiques à l’université ;

–       Renforcement de l’enseignement de la langue arabe ;

–       Création d’un institut scientifique d’islamologie et création de postes supplémentaires dans l’enseignement supérieur sur ces thématiques.

●       « Faire aimer la République » : 

–        Reprises d’annonces déjà évoquées : dédoublement des classes dans les réseaux d’éducation prioritaire, création de nouveaux postes de magistrats, greffiers et police de sécurité du quotidien ;

–        Création de 300 nouvelles maisons France services ;

–        Multiplication des testings (envois de faux CV pour mesurer les discriminations à l’embauche) recrutements) avec des annonces à l’automne ;

–        Allocation de moyens supplémentaires pour la politique de la ville dans les quartiers : cités éducatives supplémentaires, investissements ANRU supplémentaires, multiplication des projets dans les cités pour faire « aimer la République » et permettre « l’émancipation culturelle, économique et écologique des quartiers ».  

Nous soutiendrons évidemment toute mesure, même modeste, qui contribuerait à lutter contre l’islamisme, comme l’extension des motifs de dissolution d’associations radicalisées ou l’encadrement du financement des mosquées. 

Mais après trois ans et demi d’exercice du pouvoir, pendant lesquels on nous a annoncé tous les trois mois un grand discours pour la laïcité et contre l’islamisme, nous attendons des résultats et des actes. Emmanuel Macron rappelle lui-même que le « président n’a pas vocation à commenter, mais à agir ». Au courrier qui lui a été adressé il y a près d’un an par Christian Jacob (le 5 novembre 2019) lui proposant la mise en place d’ « une nouvelle commission Stasi » pour défendre la laïcité, Emmanuel Macron n’a même pas pris la peine de répondre.   

Lui qui prétend « s’attaquer au séparatisme islamisme », pourquoi n’a-t-il pas expulsé les plus de 3000 étrangers fichés pour radicalisation ? Pourquoi n’a-t-il pas fermé les plus de 100 mosquées salafistes ou extrémistes ?

Lui qui défend l’égalité hommes-femmes, pourquoi ne dit-il rien du voile à l’université, du voile des accompagnantes scolaires ou de la méconnaissance de l’interdiction du voile intégral ?

Lui qui prétend combattre le séparatisme et défendre le « vivre-ensemble », pourquoi veut-il renforcer l’enseignement de la langue arabe alors que tant d’enfants et même de parents ne maîtrisent pas la seule langue de la République, la langue française ? Pourquoi interdire toute instruction à domicile (sauf motifs de santé) uniquement parce qu’on n’est pas capable de contrôler les déscolarisations motivées par l’islamisme ? Comment peut-il déclarer dans un discours contre le séparatisme qu’il faut « mieux connaître les civilisations qui cohabitent sur notre sol compte tenu de ce qu’est le peuple français » ?

Lui qui reconnaît que l’augmentation de la pression migratoire « rend impossible l’intégration », pourquoi laisse-t-il franchir à notre pays un record d’immigration légale en délivrant 50% de titres de séjour en plus que sous Nicolas Sarkozy (275 000 en 2019) ? Pourquoi a-t-il fait de la France le premier pays d’Europe en nombre de nouvelles demandes d’asile (plus de 130 000 en 2019) alors que le nombre d’expulsions des déboutés du droit d’asile est dérisoire ?

Les chiffres de la montée de l’islamisme en France 

Terreau islamiste : selon une enquête de l’IFOP de septembre 2019, la radicalisation de l’islam s’accélère. 37% des musulmans résidant en France veulent que la laïcité s’adapte à l’islam (+ 8 points en huit ans), parmi lesquels 49% des jeunes musulmans de moins de 25 ans (+ 22 points en huit ans). 27% des musulmans résidant en France souhaitent que la charia s’impose aux lois de la République, parmi lesquels 41% des musulmans de nationalité étrangère.

La France a été le premier pourvoyeur de djihadistes en Europe : 40% des Européens partis faire le djihad en Syrie et en Irak étaient de nationalité française. Par ailleurs, la France compte sur son sol beaucoup d’étrangers radicalisés qui ne sont pas expulsés : 3391 étrangers sont inscrits au fichier de traitement des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (ministère de l’Intérieur, au 28 septembre 2018). Les prisons françaises comptent quelque 500 condamnés pour faits de terrorisme en lien avec l’islam radical et plus de 1100 détenus de droit commun signalés pour radicalisation (dont 700 sont fichés au FSPRT). 146 terroristes sortiront de prison d’ici 2022. 

Sur les 215 djihadistes adultes revenus en France après être partis faire le djihad en Syrie depuis 2012, 148 sont écrouées et 67 ne sont pas ou plus derrière les barreaux (ministère de la Justice, au 8 juillet 2019). Dans une interview au Parisien le 28 septembre, Eric Dupond-Moretti déclare être favorable au retour des djihadistes : « Il faut les juger en France. C’est ce que je disais quand j’étais avocat. » 

Mosquées islamistes : selon le gouvernement, 15 lieux de culte ont été fermés. D’après L’Express, ces lieux sont souvent fermés pour des motifs de sécurité ou vétérinaires et non pour les motifs inhérents à la menace islamiste. En réalité, depuis la sortie de l’état d’urgence (le 30 octobre 2017), seules 7 mosquées ont été temporairement fermées en raison de leur extrémisme. Deux fermetures temporaires ont été prononcées en 2018, cinq en 2019 et aucune depuis le début de l’année. La France compte pourtant au moins 100 mosquées extrémistes.

Nous les Républicains sommes force de propositions:

Nous devons vaincre l’islamisme :

-Expulser immédiatement les quelque 3400 étrangers ayant des liens avec les mouvances islamistes (3391 étrangers sont fichés inscrits au FSPRT). 

-Fermer définitivement les 100 mosquées salafistes, en imposant le prêche des imams en français et en interdisant tout financement étranger d’une association cultuelle.

-Procéder à une enquête administrative préalable à l’embauche dans les services publics et dans les secteurs sensibles (écoles, transports, aéroports, sites SEVESO…).

-Étendre la rétention de sûreté aux crimes et délits terroristes, ce qui permettrait de ne pas laisser dans la nature des terroristes toujours dangereux à leur sortie de prison.

-Interdire le retour de ceux qui sont partis faire le djihad en leur retirant leur nationalité comme l’a fait le Royaume-Uni pour plus de 150 djihadistes. Ils ont trahi la France, ils n’ont plus leur place en France.

Nous devons défendre implacablement la laïcité et mettre un coup d’arrêt au communautarisme :

-Confier à « une nouvelle commission Stasi » la rédaction d’un Code de la laïcité qui pourrait comprendre : l’interdiction du voile pour les accompagnants scolaires, l’interdiction du voile à l’université, l’interdiction des listes électorales communautaristes (portant atteinte à la laïcité), la possibilité d’interdire les signes religieux ostensibles dans les entreprises (cf. « l’affaire Baby loup »), le renforcement des amendes pour port du voile intégral (souvent bafouées) et l’interdiction qu’elles soient payées par un tiers, le strict contrôle (aujourd’hui dérisoire) de l’instruction à domicile (détournée pour déscolariser des enfants et les confier à des écoles coraniques illégales).

-Constitutionnaliser les acquis de la loi de 1905 et inscrire dans la Constitution ce principe : « nul individu ou nul groupe ne peut se prévaloir de son origine ou de sa religion pour s’exonérer du respect de la règle commune ».

-Lancer un plan de reconquête des quartiers sur cinq ans, inspiré de l’exemple danois pour éliminer « les sociétés parallèles » d’ici 2030 qui comprend notamment l’interdiction pour les délinquants sortis de prison de retourner dans leurs quartiers. Des rapports d’étapes doivent être rendus chaque année devant l’Assemblée nationale.

-Lancer de grands audits pour évaluer et contrôler l’ensemble des subventions publiques aux associations (et non pas se contenter de leur faire signer une charte).

Nous devons aussi réduire l’immigration légale et stopper l’immigration illégale car nos capacités d’intégration sont saturées et cette pression migratoire excessive nourrit le communautarisme :

-Arrêter les régularisations d’immigrés illégaux qui sont une prime à la violation de nos frontières et de notre loi (près de 30 000 immigrés illégaux sont régularisés tous les ans) ;

-Fixer un plafond d’immigration légale, voté tous les ans au Parlement, pour la réduire drastiquement en fonction de nos capacités d’intégration (revenir à quelque 100 000 titres de séjour par an, soit le niveau du début des années 1990, permettrait de stabiliser la part des immigrés dans la population) ;

-Expulser les immigrés illégaux et les étrangers condamnés à de la prison ferme (plus d’un prisonnier sur cinq est de nationalité étrangère) ;

-Créer une Aide médicale d’urgence (AMU) en remplacement de l’AME pour ne prendre en charge que les soins d’urgence des immigrés illégaux (23 pays européens sur 27 ne prennent en charge que les soins d’urgence) ;

-Restreindre l’accès à la nationalité en revenant à la loi Pasqua de 1993 : l’obtention de la nationalité doit être conditionnée à la manifestation de la volonté de devenir Français et au respect de notre culture et de nos valeurs ;

– Généraliser le recours aux tests radiologiques osseux pour déterminer l’âge des étrangers prétendant au statut de mineurs isolés et ainsi à l’Aide sociale à l’enfance (ils sont désormais 40 000 – contre 264 en 1999 – et coûtent aux départements 2 milliards d’euros par an) ;

-Lancer un grand plan de co-développement de l’Afrique en conditionnant les aides au retour des immigrés illégaux dans leur pays d’origine (délivrance des laissez-passer consulaires dans les délais utiles).