Bernard Brochand saisit le Président de la République

Bernard Brochand saisit le Président de la République au sujet de la démolition annoncée d’établissements de plage à la fin de la saison estivale 2017

 

Monsieur le Président de la République,

Je me permets d’appeler tout particulièrement votre attention au sujet de la démolition annoncée à la fin de la saison estivale des établissements de plage situés sur le littoral azuréen conformément au décret n° 2006-608 adopté le 26 mai 2006 relatif à l’application de la loi n° 86-2 du 3 janvier 1986.

En effet, de nombreuses installations existent depuis plusieurs générations et sont devenues, au fil des années, de véritables institutions. Avec une application stricte de ce décret, elles se retrouvent confrontées à des situations extrêmement difficiles aux conséquences dramatiques, tant humaines que financières.

Compte tenu de leur notoriété, de leur ancienneté et de leur caractère purement patrimonial, mais aussi de la spécificité des plages du littoral azuréen, la suspension urgente du décret devient indispensable afin de revoir les modalités d’application ; l’objectif étant de donner au Préfet davantage de souplesse, notamment en instaurant la possibilité d’études au cas par cas.

Il faut rappeler que même si la loi « Littoral » a été instaurée pour préserver la qualité des paysages et de l’environnement littoral, elle ne cherche pas pour autant à limiter le développement économique des territoires littoraux. Or, les concessions de plages génèrent, sur les Alpes-Maritimes, un chiffre d’affaires de 90 millions d’euros et représentent 2000 emplois directs en haute saison. C’est dire donc l’importance vitale de cette activité balnéaire pour notre économie déjà fragilisée par le récent attentat de Nice.

Il convient, en outre, de ne pas oublier qu’en sus de ces emplois directs, des centaines d’emplois indirects locaux sont intimement liés au devenir de ce secteur d’activités (Palais des Festivals et des Congrès, hôtellerie, commerces de luxe…). D’où ma légitime inquiétude sur les répercussions sociales d’une remise en cause de ces exploitations.

Cette démarche de défense de l’emploi, de l’activité industrielle et commerciale française dans un contexte de compétition internationale acharnée me semble s’inscrire dans la lignée de l’action politique industrielle et sociale que vous soutenez.

Je vous serais donc infiniment reconnaissant de bien vouloir apporter une attention bienveillante à ma demande et consentir à accorder un sursis aux établissements menacés de destruction dans l’attente d’une révision du décret « plages ».

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