Débat sur l’islamo-gauchisme à l’université

La ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Frédérique Vidal a dénoncé le 14 février l’islamo-gauchisme qui gangrène selon elle la société dans son ensemble « et l’université n’y est pas imperméable ». Elle a demandé mardi 16 février au CNRS une étude scientifique réalisant un bilan de l’ensemble des recherches qui se déroulent en France, afin de distinguer ce qui relève de la recherche académique et ce qui relève du militantisme. Pour le CNRS, le terme d’islamo-gauchisme ne correspond à aucune réalité scientifique. Le 20 février, plus de 600 universitaires ont réclamé la démission de Frédérique Vidal dans une tribune publiée par le journal Le Monde.

Les propos ont suscité une violente campagne contre la ministre dans le milieu universitaire, relayée par les partis de gauche. La majorité est divisée sur le sujet. Emmanuel Macron, via le porte-parole du gouvernement, a rappelé à l’ordre la ministre, expliquant que la priorité du gouvernement était la situation des étudiants dans la crise sanitaire. 

Le 31 octobre, une centaine d’universitaires s’en prenaient pourtant à la persistance du déni de l’islamisme au sein de l’université dans une tribune du Monde : « Les idéologies indigéniste, racialiste et « décoloniale » (transférées des campus nord-américains) y sont bien présentes, nourrissant une haine des « Blancs » et de la France ; et un militantisme parfois violent s’en prend à ceux qui osent encore braver la doxa anti-occidentale et le prêchi-prêcha multiculturaliste. Houria Bouteldja a ainsi pu se féliciter début octobre que son parti décolonial, le Parti des indigènes de la République [dont elle est la porte-parole], « rayonne dans toutes les universités ». »

Nous, Les Républicains pensons:

Quand des universités sont infiltrées par des groupuscules « indigénistes », que certaines conférences sont annulées ou menacées de l’être (comme Alain Finkielkraut à Sciences Po Paris), il s’agit bien d’une dérive de l’enseignement supérieur.

Les cas problématiques sont nombreux : le syndicat étudiant UNEF avait fait polémique en 2018 en choisissant pour vice-présidente une femme voilée. L’extrême-gauche s’était unie au CCIF pour manifester contre « l’islamophobie » dans un cortège qui scandait « Allahou akbar » en novembre 2019. Sciences Po Aix-en-Provence a organisé en novembre 2020 une conférence sur le féminisme musulman les membres d’European Muslim Network, dont le président est l’islamiste Tariq Ramadan. Le sociologue Raphaël Liogier, enseignant à l’IEP d’Aix, a participé à  plusieurs événements organisés par le CCIF ou l’UOIF et estime que « l’islamisation est un mythe ». A l’université de Nanterre, des horaires non mixtes ont été accordés à une association communautariste pour l’accès à la piscine. En octobre 2020, un séminaire sur les « normes islamiques » a été ouvert à l’EHESS par deux avocates proches du CCIF. La Sorbonne s’est distinguée en novembre 2020 en nommant la députée de la France insoumise Danièle Obono, proche des Indigènes de la République, au conseil d’administration d’une de ses unités de formation et de recherche (UFR) au titre de personnalité qualifiée extérieure. 

L’islamo-gauchisme est une réalité décrite depuis des années, notamment par le politologue Pierre-André Taguieff qu’il définit comme « une alliance militante de fait entre des milieux islamistes et des milieux d’extrême gauche, au nom de la cause palestinienne, érigée en nouvelle grande cause révolutionnaire à vocation universelle ».

Le 30 novembre dernier, Damien Abad et Julien Aubert ont demandé la création d’une mission d’information sur la culture de l’annulation (« cancel culture ») et l’islamo-gauchisme dans le milieu universitaire au président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand. Cette demande est d’autant plus légitime que l’extrême gauche universitaire s’enfonce dans le déni des dérives islamo-gauchistes. Un tel travail ne saurait être considéré comme une atteinte à la liberté académique ou à la liberté de recherche, mais bien au contraire comme un acte fort témoignant de notre attachement à ces dernières : les petits censeurs tentent de se faire passer pour des censurés, les néo-maccarthystes que sont les partisans du « woke » et de la « cancel culture » osent traiter de maccarthystes les défenseurs de la liberté d’expression.

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