CRISE DE L’HÔPITAL : LES SOLUTIONS GOUVERNEMENTALES NE SATISFONT PAS LES PROFESSIONNELS

Plus de 1100 médecins hospitaliers se sont engagés mardi 14 janvier à démissionner de leurs fonctions administratives si Agnès Buzyn n’ouvre pas de « réelles » négociations sur le budget de l’hôpital et l’augmentation des salaires.

Agnès Buzyn recevra les représentants des professionnels ce vendredi mais a déjà affirmé lors des questions au gouvernement devant l’Assemblée nationale que le plan présenté en novembre dernier répondait déjà aux enjeux. 

Notre système de santé est à bout de souffle et le gouvernement ne semble pas comprendre l’ampleur de la crise.

C’est d’une réorganisation profonde dont il a besoin, pas de rustines budgétaires illusoires.

Le gouvernement n’ayant fait aucune économie depuis deux ans, la France a cette année, pour la première fois, le déficit public le plus élevé de tous les pays de la zone euro.

Il est donc incapable de financer les priorités urgentes parmi lesquelles figure la situation des hôpitaux.

Nous avons au contraire détaillé il y a un an un plan de réduction de la dépense publique de 20 milliards d’euros par an (accessible sur notre site Internet) qui permettrait de dégager des marges de manœuvre.

Les Républicains soutiendront toute mesure allant dans le sens d’une réforme en profondeur de l’hôpital. Il faut enfin donner aux services d’urgence les moyens de faire leur travail, notamment en les désengorgeant.

Il faut instaurer un véritable filtre à l’accès. Selon un rapport de la Cour des comptes de février 2019, les Français recourent trois fois plus aux urgences que les Allemands. En ce sens, le numéro d’appel d’urgence unique proposé par le gouvernement va dans le bon sens, mais nous pourrions nous inspirer du modèle danois : au Danemark, personne ne va aux urgences de sa propre initiative, sauf en cas d’urgence vitale.

Il faut également mettre fin aux fermetures de lits dans les services de médecine et de chirurgie générale.

En parallèle, il serait intéressant d’ouvrir des unités dédiées aux patients âgés, de revaloriser les professions médicales et de lutter contre la désertification médicale par la multiplication des maisons de santé.

Enfin, il est indispensable de développer la prise en charge des soins non programmés en ville.

QUELQUES CHIFFRES CLÉS :

  • Le nombre de patients dans les urgences a doublé en vingt ans : il est passé de 10 millions en 1996 à 21,4 millions en 2017. 
  • En une vingtaine d’années, 100 000 lits ont été supprimés.  
  • Les patients venant aux urgences « n’ayant besoin d’aucun acte complémentaire d’imagerie ou biologie médicale » (catégorie 1) représentent jusqu’à 20 % des passages (rapport de la Drees de 2014) : jusqu’à un patient sur cinq qui va aux urgences n’avait donc pas besoin d’y aller. Selon ce même rapport, une grande partie des patients qui vont aux urgences le font parce qu’ils n’ont pas d’autre option en raison de la désertification médicale.  
  • Selon une étude du ministère de la Santé de 2015, 8 % des Français vivent dans une commune « sous-dense » en médecins généralistes.