Crise de l’hôpital et du système de santé

Face au manque personnel et à la fermeture du nombre de lits à l’hôpital , la situation de nos établissements publics de santé continue à empirer : les personnels des services sont réduits à peau de chagrin, les opérations sont reportées, les urgences opèrent un tri des patients, voire sont portes closes. Rémi Salomon, président de la commission médicale d’établissement de l’AP-HP, considère que la situation des hôpitaux est catastrophique et lance un cri d’alarme pour que l’hôpital ne s’effondre pas d’ici quelques mois.

Contrairement aux promesses d’Olivier Véran d’augmenter le nombre des lits au moment de la crise sanitaire, les lits continuent d’être fermés. Aucune difficulté structurelle n’a été résolue par le Ségur de la santé dont les accords de revalorisation sont insuffisants pour stopper l’hémorragie de départs de soignants, aucune réforme de notre système de santé n’a été entreprise. Le gouvernement n’a fait que prendre des mesures dans l’urgence, sans vision stratégique. Le gouvernement n’a tiré aucune leçon de la crise sanitaire et aujourd’hui, face à cette situation catastrophique, il lance une énième enquête alors que les difficultés des hôpitaux et des soignants sont bien connues depuis des années, tout en entamant un bras de fer avec les complémentaires santé.

Au lieu de résoudre le problème des hôpitaux, le gouvernement a en effet préféré entamer un bras de fer avec les complémentaires de santé en remettant sur le tapis la création d’une « Grande Sécu » qui prévoit un remboursement à 100% par la Sécurité sociale des actes de soins.

Il est illusoire de croire que la mise en place d’une “Grande Sécu” permettra de contrer l’augmentation des tarifs des complémentaires santé. Bien au contraire, étatiser la santé en étendant le champ d’intervention de l’Assurance-maladie dans la prise en charge des frais de santé coûterait 22,4 milliards d’euros par an aux finances publiques et reviendrait à augmenter les cotisations sociales, patronales et la CSG avec pour première conséquence la baisse du pouvoir d’achat des Français. Contre le manque de lisibilité du système de remboursement et l’augmentation des frais de gestion des complémentaires santé, nous proposons de simplifier les modalités de remboursement en distinguant clairement les soins à rembourser par la Sécurité sociale d’un côté (affection de longue durée, soins lourds…) et les soins courants à rembourser par les mutuelles de l’autre. La limitation des allers-retours entre la Sécu et les complémentaires fera économiser 15 milliards d’euros de frais de gestion annuels.