COMMUNIQUE DE PRESSE DE BERNARD BROCHAND : FAUT IL QUE LES ÉCHARPES « BLEU, BLANC, ROUGE » SUCCÈDENT AUX GILETS JAUNES POUR QUE LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE LES ENTENDE

Déjà, dans sa tribune du 22 octobre 2018 intitulée « Vive les communes, que vive le cœur de la France », Bernard Brochand, Député des Alpes-Maritimes, dénonçait l’attitude du gouvernement vis-à-vis des élus locaux et plus particulièrement des maires. 

« Alors que le mouvement des gilets jaunes n’avait pas encore débuté, j’avais déjà alerté la majorité en place du climat difficile qui était en train d’émerger. En effet, la méfiance du peuple français envers ses élus et le manque de discernement et de reconnaissance du Président de la République n’ont fait qu’aggraver cette situation. Le lien déjà fragile entre les Français et leurs représentants s’est considérablement distendu pour arriver à la situation dramatique que notre pays connaît aujourd’hui ».

La loi NOTRe et la loi ELAN ont dépossédé les communes en leur retirant toute possibilité de choisir leur avenir. Elles leur ont ôté les compétences relatives à l’aménagement, à la délivrance des permis de construire, à l’habitat (HLM), au développement économique, à l’assainissement et la collecte des ordures ménagères en les confiant aux EPT (établissement public territorial).

Après avoir considérablement réduit le domaine d’intervention des maires, le Président de la République a décidé de supprimer le nerf de la guerre, en annonçant la fin de la taxe d’habitation source principale de financement de leurs projets. Comment préparer un budget équilibré pour nos communes sans la compensation promise par le gouvernement. Si elle n’arrive pas ce sera un désastre économique pour nos territoires.

50 % des maires ne souhaitent pas se représenter aux élections ! Le manque de considération du pouvoir en place à l’égard des maires ainsi que la suppression progressive de leurs principales prérogatives ont accentué ce phénomène : les maires se sentent délaissés, laissés pour compte face à la colère de leurs administrés qui ne se reconnaissent plus en eux, en première ligne du mécontentement général, désarmés et dans l’impossibilité de répondre à leurs attentes

Or il faut le dire haut et fort, les maires de nos 35 497 communes accompagnés dans leur tâche par 499 102 conseillers municipaux, méritent mieux ! tous sont élus au suffrage universel ce qui leur donne toute légitimité pour agir au sein de leur cité ! Ils représentent la France. Ce sont les maillons indispensables, les relais incontournables entre les gilets jaunes et le pouvoir politique. Comme le dit justement le Président du Sénat Gérard Larché, « les maires sont ceux qui sont à portée d’engueulade de leurs administrés » !

Nous devons rétablir la confiance et recréer ce lien essentiel afin de faire entendre la parole de nos électeurs. Or, le non cumul des mandats a intensifié cette perte de contact direct et a éloigné les parlementaires des réalités locales. Ainsi, 80 % des députés de la majorité élue en 2017 n’ont jamais exercé un mandat local, quel qu’il soit (maire, conseiller municipal, adjoint…).

J’ai donc rédigé une proposition de loi organique visant à rétablir, sous certaines conditions, le cumul des fonctions de maire avec le mandat de député, pour redonner un encrage de proximité aux parlementaires.

Alors pour que nos concitoyens restent maîtres de leur destin et de l’avenir de leur commune, le Président de la République doit rétablir leurs prérogatives. La démocratie est menacée ! Maires mobilisez-vous et reprenez le pouvoir dans vos communes !

Après de très longues semaines de manifestations et d’exactions indignes de notre pays, le Président de la République semble enfin prendre conscience de l’importance du rôle social des maires. Il est donc allé à leur contact pour écouter leurs revendications. Cependant, les entend-il vraiment ?

Le constat est amer : la relation des élus locaux avec l’Etat s’est détériorée depuis 18 mois. Sans attendre les résultats du grand débat national, le Président de la République doit montrer aux Français qu’il les a entendus et aux maires qu’il les a compris : demain il sera trop tard.

Monsieur le Président, nous attendons votre réponse et elle est capitale car décevoir les maires c’est décevoir la France !

La France est au bord du précipice ! Il est urgent d’agir et de prendre les dispositions qui s’imposent pour sauver nos institutions et pour que vivent nos communes et que vive le cœur de la France