Bilan COP 26 : l’art de la procrastination

Le Pacte de Glasgow, issu des deux semaines de négociations de la COP 26 à Glasgow, ne propose aucune réelle avancée.

Dans une formulation faiblarde, les États sont invités à accélérer la diminution de l’utilisation du charbon et à réduire les subventions aux énergies fossiles. Aucune date butoir, aucun critère spécifique n’est retenu. L’Inde et la Chine ont remplacé, au dernier moment, le mot “disparition” par “diminution”.

Alors que les pays s’étaient engagés, en 2009, à verser 100 milliards de dollars par an pour aider les pays pauvres à faire face au réchauffement climatique, cette promesse n’a toujours pas été tenue. Le Pacte de Glasgow les exhorte à le faire urgemment jusqu’en 2025. Le texte prévoit un doublement de l’aide spécifiquement consacrée à l’adaptation aux effets du changement climatique d’ici à 2025, par rapport à 2019. Les pays pauvres demandaient également un mécanisme concret de compensation financière pour les pertes et dommages liés aux effets du réchauffement climatique. A la place, la déclaration finale propose de lancer un dialogue sur la question.

Chaque pays devra réviser et renforcer sa contribution déterminée au niveau national (CDN) d’ici 2022. Vivement critiqués pour leurs politiques environnementales, le Brésil a annoncé vouloir atteindre la neutralité carbone en 2050 et l’Inde en 2070.

Le texte réaffirme enfin l’ambition de limiter l’augmentation de la température à 1,5°C, ce qui nécessite une rapide, profonde et soutenue réduction des émissions globales de gaz à effet de serre. Pourtant, selon l’ONU, le monde se dirige vers un réchauffement de +2,7°C à la fin du siècle : les engagements ni contraignants ni ambitieux, pris par les États lors de la COP 26, sont bien loin d’être suffisants. Comme à chaque COP, les États promettent sans s’engager concrètement et procrastinent un an de plus.

A noter qu’en marge de la déclaration finale, certains pays ont signé plusieurs accords thématiques, notamment :

  • 107 pays (dont l’UE et les Etats-Unis) ont promis une réduction des émissions de méthane de 30% d’ici à 2030 par rapport à 2020,
  • 39 pays ont annoncé la fin du financement à l’étranger de projets d’énergies fossiles sans techniques de capture de carbone d’ici à 2022,
  • 180 pays se sont engagés – de manière non contraignante – à mettre fin à la déforestation d’ici à 2030.

Nous ne pouvons qu’être déçus de l’issue de la COP 26 qui n’a pas apporté d’engagements concrets ni de solutions efficaces. L’éradication totale du charbon n’est toujours pas actée et les investissements dans les nouvelles technologies ou dans les pays en voie de développement ne sont pas à la hauteur des enjeux. Rien ne peut assurer que les pays traduiront leurs engagements en actions concrètes.

Par posture idéologique, certains États refusent de choisir le nucléaire comme énergie décarbonée de transition. Nous ne pouvons que regretter la position de l’Allemagne, de l’Autriche, du Danemark, du Luxembourg et du Portugal qui ont fustigé le nucléaire, le jugeant incompatible avec les objectifs de la COP 26 ou avec les critères d’investissements durables élaborés par l’UE dans le cadre de la taxonomie. Sans le nucléaire, la neutralité carbone est inatteignable en 2050.

En France, force est de constater que le grand écart entre le discours et la réalité est toujours le trait caractéristique du quinquennat Macron. La cohérence eut été d’aller à Glasgow pour porter haut et fort, à l’international, le message suivant : sans le nucléaire, la neutralité carbone est inatteignable en 2050. Mais cela impliquerait de reconnaître qu’il faut changer complètement de politique énergétique en France et notamment de renoncer à l’objectif de François Hollande, qui a été repris par Emmanuel Macron, de réduire de 75% à 50% la part du nucléaire dans notre électricité.

Pour retrouver le communiqué des Républicains “COP 26, le grand écart d’Emmanuel Macron” : https://republicains.fr/actualites/2021/11/12/cop-26-le-grand-ecart-demmanuel-macron/

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