Bernard Brochand saisit une nouvelle fois le Ministre de l’Agriculture sur le fléau du Charançon Rouge des Palmiers

Monsieur le Ministre,   

Je tiens une nouvelle fois, à appeler votre bienveillante attention sur le fléau du Charançon Rouge des Palmiers (CRP) qui sévit dans le sud de la France et dont des premières attaques ont été recensées sur la côte atlantique.

S’il s’attaque aujourd’hui principalement aux palmiers « Phoenix canariensis » dont plus de la moitié du patrimoine a été perdu, il s’en prendra demain à d’autres espèces qui subiront le même sort.

A l’issue d’échanges avec les principaux acteurs de la lutte contre les ravageurs de palmiers, dont une réunion nationale sur le CRP qui s’est tenue le 11 février dernier à la DGAL, un nouvel arrêté destiné à organiser la lutte sur le territoire, est en phase de rédaction par vos services.

Il est paradoxal de constater, dans le projet de ce nouvel arrêté, que les traitements préventifs, indispensables pour protéger les palmiers et obtenir la régression du CRP, ne seraient plus obligatoires dans la Région Sud, alors que c’est précisément dans cette Région que la préservation des palmiers présente l’enjeu patrimonial, paysager, touristique et économique de loin le plus considérable.

Les experts internationaux de la FAO, réunis à Rome en mars 2017 (dont Michel Ferry, ancien chercheur de l’INRA, et président du Collectif méditerranéen pour la sauvegarde des palmiers, principal collectif représentant les propriétaires de palmiers), sont unanimes pour dire que dans les zones contaminées, seule une lutte collective menée rapidement et s’appuyant sur un ensemble de mesures comprenant :

– l’inspection régulière des palmiers permettant la détection précoce des palmiers infestés et l’éradication immédiate des CRP qu’ils contiennent,

– les traitements préventifs,

– le piégeage massif,

peuvent permettre d’obtenir la régression rapide de  la population de charançon, étape préalable pour arriver à son éradication en quelques années et ainsi sauver définitivement les palmiers.

C’est dans cette démarche que s’inscrivent les luttes collectives Arecap menée dans le Var et plus récemment Palmiers06 dans les Alpes-Maritimes.  Arecap dont les résultats sur des milliers de palmiers traités depuis 2016 et 2017 sont remarquables, fait la démonstration de la faisabilité, de l’efficacité et du réalisme économique dont plus personne, aujourd’hui ne conteste la pertinence.

Je sollicite donc votre intervention afin que la nouvelle réglementation qui doit être présentée au CNOPSAV le 16 mai prochain, puisse aboutir à la généralisation de telles démarches par l’ensemble des collectivités pour permettre aux zones méditerranéennes à fort attrait touristique, de sauvegarder les palmiers dont ils sont l’un des symboles et prévenir l’expansion de l’infestation dans les autres régions en maintenant la lutte obligatoire y compris pour les traitements préventifs des zones contaminées sur l’ensemble du territoire national.

Elle devra être accompagnée de mesures incitatives afin de faciliter l’organisation de telles démarches par les collectivités et l’adhésion des particuliers.

Je vous remercie donc sincèrement de l’attention particulière que vous voudrez bien apporter à ce courrier et des éléments de réponse qu’il vous serait possible de me transmettre à ce sujet. 

Je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, à l’assurance de mes sentiments les meilleurs.