Bernard Brochand rend hommage à Jacques Chirac

C’est avec une infinie et profonde tristesse que je viens d’apprendre la disparition de Jacques Chirac. La France perd aujourd’hui un Grand Homme aux qualités humaines reconnues par tous, qui a permis à notre pays de briller au niveau international. Il avait su, en toute modestie et par son empathie naturelle, gagner le cœur de tous les Français. Aujourd’hui, le monde politique et l’ensemble de nos concitoyens sont affectés par cette perte immense.

La France est en deuil, la France perd un immense chef d’Etat et je perds moi-même un grand ami de plus de quarante ans avec lequel j’ai tant partagé, que ce soit de bons ou de moins bons souvenirs. Je ne peux m’empêcher de me remémorer les campagnes électorales que nous avons vécues ensemble et dont Jean-Michel Goudard et moi-même sommes les auteurs : « Oui à la France qui gagne » lors des législatives de 1978 et « Vivement demain » lors des législatives de 1986.

En 1991, alors que j’étais le Président de l’Association du Paris Saint Germain, je propose à Jacques Chirac, alors Maire de Paris, de donner un nouvel élan au club en assumant une partie de ses dettes. Sans ce sauvetage, le club ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui et n’existerait plus.

Le 11 septembre 2001, alors que le monde connaissait l’horreur et que je me trouvais à New York pour tenir mon dernier conseil d’administration comme Chief Executive Officer de DDB Worldwide, je demande à Jacques Chirac, Premier Chef d’Etat à se rendre aux Etats Unis après l’attentat, de mettre à disposition son avion pour les nombreux blessés Français bloqués sur le sol américain. En un instant il donna les ordres nécessaires. C’est encore ensemble que nous avons partagé ces moments si douloureux.

C’est donc tout naturellement, après tant d’années à œuvrer côte à côte, qu’il m’a demandé d’être candidat à la Mairie de Cannes puis à la députation lorsque notre amie commune, Louise Moreau, disparaissait.

A cet instant, je partage la tristesse de son épouse Bernadette qui l’a soutenu en toutes circonstances, je pense à sa fille Claude et à son petit-fils Martin. Il restera à jamais une personnalité essentielle à l’histoire de notre pays.

En ces instants difficiles, c’est un sentiment d’accablement qui m’étreint et il me revient encore en mémoire tous ces moments intimes au cours desquels nous aimions à deviser ensemble sur la « légèreté profonde de toutes choses ».

Aujourd’hui, c’est le Président de la Vème République le plus aimé de nos compatriotes qui s’éteint et nous regretterons tous sa gentillesse, son accessibilité, sa franchise et surtout son amour des Français.