Bernard Brochand propose de modifier l’arrêté ministériel du 13 juin 2016 relatif à la surveillance des Sportifs de Haut Niveau

Bernard Brochand a donc interpellé Madame Roxana Maracineanu, Ministre des Sports, par un courrier qu’il lui a adressé le 10 mai 2019 pour lui demander de bien vouloir modifier l’arrêté concernant le suivi médical des Sportifs de Haut Niveau, et plus particulièrement, celui des sportives envisageant d’avoir un enfant.

Alors que le public se passionne de plus en plus pour le sport féminin, et qu’il y a de plus en plus de femmes sportives de haut niveau avec des carrières de plus en plus longues allant souvent au-delà de trente ans, celles-ci doivent concilier « vie de famille » et « exigence de résultats sportifs ». Or, rien n’est mis en place pour faciliter l’accompagnement de la sportive dans le cadre de sa maternité. Le seul choix qui s’offre à elle par défaut est : soit « de faire le deuil de sa carrière sportive » soit « de faire le deuil de son désir d’enfant ».

Aussi, alors que Paris accueillera les Jeux Olympiques en 2024 et que la coupe du monde de football féminin se déroulera dans quelques semaines en France, Bernard Brochand a souhaité adresser le courrier ci-dessous à Madame la Ministre des Sports sur cette problématique :

Madame la Ministre, 

Monsieur le Président de la République s’était engagé, lors de son élection, à faire des droits des femmes la grande cause nationale de son quinquennat. Même si nous avons pu constater de nombreuses avancées sur ce sujet, certaines améliorations restent encore à réaliser.

Je tenais donc à appeler votre particulière attention sur la situation des sportives de haut niveau qui envisageraient d’avoir un enfant au cours de leur carrière.

Même si la loi n° 2015-1541 du 27 novembre 2015 et l’arrêté du 13 juin 2016 qui a suivi, ont considérablement fait évoluer la surveillance médicale des sportifs de haut niveau, ils restent toutefois muets sur les problèmes liés au désir de maternité des sportives.

La grossesse est un événement important dans la vie d’une femme. Des mesures exceptionnelles sont mises en place afin d’aménager le mieux possible le temps de la femme enceinte qui cherche à obtenir un équilibre entre sa vie professionnelle et son bien-être afin que la maternité se passe au mieux. Une femme enceinte peut donc poursuivre son activité professionnelle presque jusqu’au terme de sa grossesse.

Pour la sportive de haut niveau, la situation est différente. Leur activité professionnelle étant conditionnée par leur état physique, la décision de grossesse va être influencée par de nombreux paramètres, qui existent aussi chez une femme non sportive de haut niveau, mais qui n’auront pas les mêmes conséquences ni les mêmes enjeux.

En effet, la où la reprise de l’activité professionnelle « classique » va prendre quelques semaines à quelques mois, il est question, pour les athlètes de haut niveau, d’interrompre pour près d’un an leur carrière depuis l’arrêt de l’entraînement intensif à partir du quatrième mois de grossesse, jusqu’à la reprise complète potentielle de l’entrainement de haut niveau. La carrière est alors mise entre parenthèses. De plus, beaucoup de femmes ont peur de ne pas retrouver leurs pleines capacités physiques à la suite de la grossesse et ont donc beaucoup de mal à prendre leur décision.

Le désir de grossesse en cours de carrière ne manque pas, en effet, de susciter une réflexion approfondie chez la sportive qui émet alors des interrogations sur le déroulement de sa carrière, sa capacité à reprendre le sport à un haut niveau, mais également sur ses droits pendant et après cette période de maternité.

Or, le manque d’information, comme tout ce qui touche à la féminité et ses contraintes, est criant sur ces problèmes et contribue à entretenir l’incertitude chez les sportives.

Aussi, je souhaite vous proposer d’insérer dans l’arrêté ministériel du13 juin 2016 relatif à la « surveillance médicales des sportifs de haut niveau, espoirs et des collectifs nationaux », un 3° alinéa à la sous-section 1 « sportifs de haut niveau », rédigé de la manière suivante :

« Sous-section 1

« Sportifs de haut niveau

3° un suivi médical spécifique adapté à la sportive de haut niveau avant, pendant et après la grossesse : encadrement et soutien psychologiques, informations, suivi médical et para-médical adapté à la femme enceinte sportive (ostéopathie, kinésithérapie, nutritionniste), suivi sportif adapté, aide à la reprise de l’entraînement. »

Ce progrès à la fois social et humain apporté à la sportive de haut niveau ne manquerait pas d’être considéré comme un signe fort de votre part envers toutes celles qui aujourd’hui hésitent encore à accomplir l’un des plus beaux actes de la vie tout en poursuivant leur carrière sportive de haut niveau.

Je vous remercie sincèrement de l’attention bienveillante que vous voudrez bien accorder à cette proposition et des éléments de réponse qu’il vous sera possible de m’apporter sur ce dossier.

Je vous prie de croire, Madame la Ministre, à l’assurance de mes sentiments les meilleurs.