Affront de la Turquie à l’Europe

Depuis quelques mois, les relations entre Européens et Turcs se sont tendues. Les griefs sont nombreux et la dérive autoritaire Turque est flagrante. La Turquie semble vouloir maintenant des relations plus apaisées, c’est dans ce contexte que Charles Michels et Ursula Von der Leyen se sont rendus à Ankara.

Une scène surréaliste s’est déroulée le 6 avril dernier à l’occasion de ce sommet turco-européen : alors que le président du Conseil et la présidente de la Commission ont été reçus par le Président Turc, Ursula von der Leyen s’est retrouvée contrainte de s’assoir en retrait de Charles Michel et de Recep Tayyip Erdogan.

Cette scène, filmée et largement diffusée sur les réseaux sociaux a été interprétée comme une forme de mépris de la représentation européenne et une humiliation délibérée de la part d’Erdogan.

La Turquie se défend toutefois de toute maladresse, affirmant que les demandes du protocole européen ont été respectées à la lettre.

Cette scène a été la démonstration d’une véritable humiliation, il manquait un fauteuil pour la présidente de la Commission européenne.

Il est regrettable que cette image relègue au second plan les discussions avec le chef d’Etat turc. Pendant l’année écoulée, la Turquie a violé l’embargo sur les armes en Libye, elle a envahi la Syrie et tiré sur les Kurdes qui nous avaient aidés à vaincre l’État islamique, elle a envahi l’Arménie avec l’Azerbaïdjan et s’est ainsi rendue coupable ou complice de crimes de guerres qui durent encore aujourd’hui, elle a violé la souveraineté aérienne de la Grèce et son espace maritime, violé l’espace territorial de Chypre, a menacé à cette occasion une frégate française, a organisé une crise migratoire à la frontière de la Grèce et de la Bulgarie au début de la crise du Coronavirus et tout ce qui fait réagir les Européens, c’est qu’il manque un fauteuil pour la  commission !

Il faut une remise à plat de tout ce qui ne va pas avec la Turquie. La stratégie de déstabilisation globale est intenable et impossible. Nous devons assurer le rapport de force avec la Turquie. Il est urgent que l’Union européenne défende ses frontières. Il ne faut pas entrer dans une escalade du conflit mais il faut sortir du silence : nous voulons mettre fin à l’élargissement européen. Et nous sommes contre l’adhésion de la Turquie à l’UE : son statut de candidat à l’adhésion doit lui être retiré.